Cela fait plusieurs dizaines d’heures que les trois jeunes gens s’étaient évadés des terres abandonnées et s’étaient dirigés vers l’Ouest. Le ciel dégagé, passant par les cols qui les séparaient des territoires annoncés par Liuzi, ils virent à l’horizon les montagnes de roches noires dont on dit qu’il s’agit d’une frontière naturelle qui sépare le royaume des Hommes de celui des Géants. Les récits content que ces montagnes sont la conséquence des retombées de terre et de cendre d’une éruption volcanique décidée par les Dieux et dont on dit qu’elle est l’origine des continents et de la répartition des races sur les terres et les mers.
Après plusieurs jours et nuits, se reposant et chassant à chaque crépuscule, Anelle et Enelis faisaient leur possible pour rassurer Huzi que son père avait pu se réfugier et qu’il les rattraperait bientôt. Mais contre toute attente, la jeune fille affirma que son père allait bien et qu’il vivait encore. Elle en était intimement persuadée, comme s’il y avait un lien entre elle et lui.
Tandis qu’ils approchaient des marécages, ces derniers étaient si vastes qu’il semblait y régner une profonde et dangereuse menace en son sein. Les houpiers des arbres grisâtres confondaient la lumière et la brume en son sein. Le croissement des grenouilles entre coupé de silence abrupte laissait présager des dangers qu’une petite fille n’avait pas à endurer. Enelis proposa alors qu’ils utilisent la technique de l’épée volante afin de se déplacer au-dessus de la zone et de s’éviter les dangers de celle-ci. Il rajouta que la distance qui les séparait actuellement de l’Arbre Sacré devait être suffisante pour que leur flux d’énergie ne soit pas observable d’un point si lointain, notamment en utilisant de nouveau leur technique de Dissimulation de leur stade de cultivation.
Anelle regarda brièvement derrière elle, et songeait que la distance devait en effet suffire à les garder en sécurité. Enelis fit apparaître son épée et d’un geste de la main la fit voler au-dessus du sol avant de monter dessus. Quant à sa jumelle, elle en fit de même et invita la plus jeune à monter elle aussi sur sa lame.
- Allons-y. Dit Enelis en prenant les devants.
- Ne t’en fais pas Huzi, je te tiens par l’épaule, tu ne pourras pas tomber.
- Papa vole sans épée.
- Ton père est un puissant Maître. Quand nous aurons atteint son niveau de culture, peut-être en serons-nous capables également.
- Oh oui ! C’est certain.
Ils traversèrent les marécages rapidement, pendant que Huzi essayait de ne pas regarder en contre-bas de peur que quelque chose en sorte et vienne l’attraper. Anelle et Enelis préparaient déjà leur arriver en réfléchissant à ce qu’ils allaient devoir révéler sur leur identité ou le moyen de disparaître des recherches des ennemis du royaume de Plema qui étaient naturellement devenus bien plus nombreux. À l’approche du lac, ils se mirent à le survoler à une légère altitude pour ne pas être facilement repérable. Le lac s’étendait sur plusieurs centaines de li ci-bien que les montagnes noires qui délimitaient les deux royaumes des Humains et des Géants n’apparurent qu’après en avoir traversé la moitié.
Après quelques heures de plus, ils purent apercevoir un grand port sur la côte qui leur faisait front. Plus ils s’en rapprochaient et plus ils en distinguaient des infrastructures imposantes et des navires de tout genre et de toute taille. Soudainement, Huzi s’exclama d’étonnement en montrant du doigt en contre-bas, un individu qui se tenait au-dessus de la surface de l’eau. En s’y avançant pour satisfaire la curiosité de l’enfant, ils découvrirent tous les trois qu’il s’agissait d’un cultivateur à l’apparence étonnante.
C’était là un grand homme à l’allure soignée qui semblait danser sur l’eau telle Un pétale de fleur au vent. Sa tenue rosée et la souplesse de ses gestes auraient facilement confondus le premier venu, mais à son approche, il s’arrêta et attendit patiemment que les trois nouveaux le rejoignent.
- D’où venez-vous comme ça ? Salua-t-il amusé d’une voix calme et gracieuse. Au-delà des marécages Brumeux dont Serpent Argenté en est le gardien, il n’y a rien aux alentours sur des centaines de Li.
- Salutations, firent les trois jeunes gens simultanément. Nous venons de…
Ils se regardèrent à tour de rôle en réfléchissant subitement à l’importance des propos qu’ils allaient tenir. Mais contre toute attente, l’homme vêtu de rose leur fit un signe de la main qui balaya leur inquiétude.
- Vos origines n’ont pas d’importance ici. Nous venons tous pour y fuir le monde. N’est-ce pas ?
- Nous souhaitons rejoindre le Clan Huang. Affirmant Anelle qui joignit les mains pour le saluer.
- Bien sûr, pour quelle autre raison les gens viennent ils ici ? Plaisanta-t-il en sortant un éventail pour le poser devant son visage.
Sa gestuelle était celle d’une femme élégante et la beauté de sa tenue et de sa prestance impressionnait même Anelle qui ne savait plus trop comment réagir.
- Êtes vous un membre du Clan Huang ? Demanda Enelis à son tour en le saluant respectueusement.
- Vous connaissez le Clan Huang ?
- Il nous a été recommandé pour notre culture.
- Je suis élève du Clan depuis 8 ans. Le Clan est avant tout une grande famille vous savez. Cela ne ressemble en rien aux autres académies, mais on vous a bien conseillé.
- Cet endroit semble bien mystérieux malgré tout. Ajouta Enelis.
- Vous aussi, dit l’inconnu en s’approchant du jeune homme et en y glissant délicatement un doigt sur son épaule.
Puis il s’approcha de la plus jeune et remarqua aussitôt que sa nature différait de celles des deux autres. Il lui recommanda de se présenter à l’examen d’entrée sous sa forme originelle. Les bêtes spirituelles étant des entités profondément respectées au sein du Clan, elle n’aurait sans doute aucun mal à y être acceptée.
- Vous devez être une personne éminente du Clan, se reprit Anelle qui s’excusa de son comportement distant.
- Je ne suis qu’un élève. Un bon élève direz-vous?
- Mais vous y êtes depuis plusieurs années. N’ est-ce pas une preuve de votre importance ? Il nous a été rapporté que les Huang sont de grands guerriers. Ajouta Enelis à son tour.
- Le Clan Huang a des origines anciennes et profondes. Il n’a rien à envier aux autres Clans du monde. Il valorise la force et le renforcement du corps et est souvent perçu comme une entité renégate. Mais il abrite aussi de puissants guerriers. Le patriarche fait partie des hommes les plus puissants du royaume des hommes. Pourquoi partirais-je d’un Clan qui m’accueille comme un prince alors que je ne suis qu’un moins que rien à l’extérieur ? Si vous pouvez prouver que vous méritez votre place parmi eux, alors cet endroit agira comme une grande famille dont les membres œuvrent pour l’unité. Mais sachez que seule la vraie force comptera. Si vous souhaitez apprendre et vivre au sein du Clan, vous devrez prouver votre valeur. Quant à cette jeune fille à l’apparence fragile, elle est en fait un Tirgre Démérité déjà bien plus puissant que la plupart des bêtes spirituelles du Clan.
Ils se regardèrent tous à la surprise générale d’entendre que cet inconnu avait déjà percé les origines de Huzi.
- Le Clan Huang semble disposer de Maîtres à la culture profonde. Respecta Anelle.
- Votre jugement est si évident, comment l’avez-vous découvert, si je puis me permettre ? Questionna le jumeau.
L’inconnu ria avec légèreté et expliqua que le niveau de culture des bêtes spirituelles était une chose fascinante et profonde. Leur simple présence implique une pression spirituelle forte aux gens qui les approche, et que cette demoiselle devait être d’une lignée sacrée pour que sa présence ébranle ses propres flux d’énergie. De plus, au-delà des marécages il existe un territoire dont il était question d’appartenir aux Tigres Démérités. Ce n’était donc qu’une déduction qui prit sens à leur propre réaction. Mais il fut tout de même surpris que ces jeunes gens ne s’en rendent pas compte, s’interrogeant sur la durée pendant laquelle ils avaient dû la côtoyer pour se familiariser avec une telle pression.
- Veuillez pardonner tous ces mystères, reprit l’étranger, je m’appelle Lan Caihe
- Voici Anelle, Huzi et moi-même, Enelis. Nos respects et remerciements pour votre amabilité et vos conseils.
- Enelis, dites-vous? Avez-vous un lien de parenté avec le Maître Forgeron du même nom ?
- Je suis touché que vous connaissiez quelques informations à mon sujet.
- C’est donc vous… J’ai ouïe dire que vous étiez capable de grandes prouesses. Souhaitez-vous donc tous trois rejoindre le Clan ?
- Oui, c’est notre intention. Savez-vous où devons-nous nous rendre?
- Il y a une pagode dont la hauteur domine le port. Allez-y et vous y trouverez tous les cultivateurs qui, comme vous, souhaitent entrer. Mais rappelez-vous, la force déterminera votre ascension et vos avantages.
- Nous vous remercions sincèrement pour votre aide et vos conseils et tâcherons de rembourser notre dette une fois là-bas.
- Faites donc, j’espère vous y voir très bientôt jeunes gens.
Il se pencha vers Huzi et lui caressa la tête en lui souriant amicalement et en lui tendant son éventail en guise de présent de bienvenue.
Après avoir quitté les berges, Huzi fit remarquer à ses aînés que ce Maître était sage et aimable malgré qu’il semblait très puissant. Bien qu’il se mouvait avec la sensualité et la légèreté d’une femme, Anelle affirmant que sa présence lui donnait l’impression qu’il existait un véritable faussé entre leur deux cultures. Mais Enelis quant à lui ne pouvait s’empêcher de se demander en quels termes il avait entendu parler du Maître Forgeron.
Comme dans ses indications, la pagode dominait les lieux et à son pied une grande place dont des cultivateurs venus de toute part s’attroupaient dans le but d’obtenir l’opportunité de rejoindre le Clan.
Et même des bêtes spirituelles, comme une grenouille, un serpent ou encore un cerf étaient présents et se parlaient comme les humains le faisaient. En s’approchant devant les portes de la Pagode, ils aperçurent difficilement qu’un comptoir y était présent et qu’une foule au-devant attendait son tour pour s’enregistrer à l’examen. Mais au fur et à mesure qu’Anelle et Enelis s’en approchèrent, les candidats tombèrent au sol, comme s’ils s’évanouissaient à tour de rôle à leur proximité.
- Que se passe-t-il ici ! S’écria une jeune femme hautaine qui venait du centre de la cour. Quels vauriens troublent l’ordre?
Mais n’obtenant aucune réponse, elle dégaina sa hachette et la pointa sur le trio qui s’était retourné pour la regarder.
- Vous là-bas ! Dégagez le passage, laissez les puissants s’inscrire. Vous n’avez qu’à faire comme tous les autres et vous prosternez.
Anelle serra le poing et était prête à lui faire mordre la poussière quand Enelis lui posa amicalement la main sur l’épaule et lui chuchota qu’il n’était pas encore le bon moment de se faire remarquer.
Huzi, qui ressentit autant d’agacement que sa grande-sœur, s’échappa de leur attention et vint se dresser de ses courtes jambes devant l’odieuse.
- Gamine… Fit soudainement la nouvelle en perdant presque l’équilibre à son niveau. Dégage de mon chemin. Je n’aime pas battre les enfants mais je n’hésiterai pas faire un exemple.
- Méchante femme ! Vous embêtez grande-soeur et grand-frère. Allez-vous en ! Ordonna-t-elle en serrant fermement l’éventail dans sa main.
- Qu’as-tu dis gamine ! S’énerva aussitôt la combattante qui s’apprêtait à lever sa hache pour frapper.
- Allez-vous en ! S’écria précipitamment Huzi qui, dans son énervement, activa le Rugissement du Tigre Varja, une technique auditive dévastatrice qui envoyait des ondes sonores extrêmement condensées, tel un geyser sous haute pression.
La femme disparue de la place en un instant, tandis qu’on pouvait suivre les traces de terre qui formaient une parfaite ligne droite en direction d’un bâtiment à plus de 200 mètres de là. Sous le regard ahurit des bêtes spirituelles qui vinrent toutes trois s’incliner devant la jeune fille et les candidats de tout horizon qui semblaient jouer des castagnettes avec leur corps, le silence s’installa en un instant au milieu de cette grande cour.
- Viens-là, Huzi. Dit gentiment Anelle qui lui faisait signe de la main.
- Jeune fille, dit une autre voix qui venait d’apparaître à ses côtés, quel est votre niveau ?
En un éclair, un Maître était apparu à ses côtés. Il tenait dans sa main droite un fourreau boisé et portait une cape noire par-dessus sa toge sur laquelle on pouvait lire le signe distinctif du Clan Huang. La culture de cet individu était insondable et son flux d’énergie spirituelle était bien plus important que tous les autres maîtres aux alentours.
- Je suis niveau deux. Balbutia la cadette intimidée.
- Un Tigre Démérité de niveau deux, capable de se mouvoir librement dans le royaume des hommes, c’est une première. Dit-il calmement sans ne laisser paraître aucune animosité.
- Je suis désolée. Répondit Huzi. La méchante femme a dit des vilaines choses à ma grande-soeur et à mon grand-frère.
Le Maître releva les yeux en direction d’Anelle et d’Enelis puis répondit à son interlocutrice qu’elle avait bien fait de réagir. De plus, il la complimenta sur le joli éventail rose qu’elle tenait fermement.
- C’est un gentil monsieur qui me l’a offert sur le lac. Affirma-t-elle de sa douce voix.
- Un gentil monsieur sur le lac ? Je vois. Est-ce que ta famille et toi êtes venus pour participer à l’examen d’entrée du Clan ?
- Oui monsieur. Papa m’a dit que les gens d’ici sont respectueux envers nous.
- Ton papa ? Où est-il ?
- Il ne viendra pas. Fit soudainement irruption Anelle en saluant respectueusement le Maître.
L’inconnu la regarda, discernant que ces propos cherchaient en fait à protéger la cadette. Il se releva et proposa au petit groupe de soustraire la jeune fille à l’examen d’inscription, considérant qu’elle était bien supérieure à tous les gens ici présents, malgré que les jumeaux devraient quant à eux concourir.
- C’est entendu. Cela vaut mieux pour Huzi, accepta unilatéralement Anelle devant Enelis et l’intéressée.
- Serons-nous séparés si nous passons tout deux l’examen d’entrée ? Questionna Enelis qui s’interrogeait sur la mixité du Clan.
- Les premières années du Clan sont régies par un système de points. Votre force et votre détermination vous permettra à tous d’accumuler des points. Ces derniers peuvent être dépensés en ressources de cultivation, en armes et matériel ou en avantage et service. Si vous souhaitez résidez au même endroit ou proche, vous devrez en accumulez suffisamment. Vous pourrez aussi fusionner vos gains si cela vous arrange. Mais les élèves des premières années se battent continuellement avec les nouveaux arrivant. Alors gardez en tête que les points valent mieux à être utilisés pour des ressources pour votre culture que de se rapprocher et de finir éjecté par faute d’impuissance. Conseillait le Maître.
Ils finalisèrent l’inscription, quand ils entendirent peu après l’odieuse femme revenir vers eux, laissant grincer sa hache sur le sol avec l’intention de se venger.
- Jeune fille, fit le Maître qui observait la scène. Tu devrais prendre ta forme originelle. Personne n’osera t’embêter ni t’es proches. Et je serai là pour toi en cas de besoin à l’avenir.
- Votre dévouement est apprécié, s’inclinèrent le jeune homme et la jeune femme. Pouvons nous connaître votre nom, Maître ?
- Je suis Maître Bo Yi. Je suis en charge des Bêtes Spirituelles du Clan.
Ils se présentèrent en retour et le saluèrent respectueusement, tandis que le spectacle continuait dans la cour et que la guerrière se retrouvait une nouvelle fois nez-à-nez avec Huzi qui, sans lui laisser la chance de s’exprimer, reprit sa forme de Tigresse sous les yeux ahuris de toute la voie publique.
- Un… Un… Un… Un… Tigre ! S’offusqua l’oppresseur qui lâcha sa hache aussitôt et se prosterna face contre terre en suppliant qu’on l’épargne.
- Comment pensez-vous vous vous faire pardonner ? Demanda amusée Huzi qui avait bien compris la situation de force dans laquelle elle était.
- Tenez, tenez. Voici mes Pierres spirituelles. Prenez les toutes. Pardonnez-moi. Pardonnez-moi.
- Excusez-vous auprès de grande-soeur et grand-frère et je passerai l’éponge pour cette fois.
Elle se leva en une fraction de seconde, s’agenouilla de plus bel devant les jumeaux en leur tendant son sac de monnaies, et disparue aussitôt aussi vite qu’elle était apparue.
- Sur ce fâcheux incident, j’espère que vous réussirez l’examen jeunes gens. Bon courage.
- Merci Maître.
- Ne t’en fais pas Huzi, reprit Anelle enlaçant la cadette, nous serons bientôt réunis à nouveau. Devient forte jusqu’à ce qu’on se revoie. Promis ?
- Promis grande-soeur ! Promis grand-frère ! Salua-t-elle les larmes aux yeux.
Lan Caihe
L’Académie Des Huang
Les candidats furent amenés sur une grande cour pavée, et de chaque côté des cultivateurs se tenaient là pour candidater à l’Académie Huang ou pour en protéger leur actuelle insertion. Au milieu se tenait un gigantesque tambour. Des gardes situés aux quatre coins de la place se présentèrent comme les protecteurs de l’examen et expliquèrent pouvoir utiliser la force contre tout avenant au règlement.
Au centre, devant l’instrument, un Maître vêtu d’une toge avec l’insigne du Clan Huang salua la foule et expliqua consciencieusement le déroulement des deux tests à venir. Ces derniers sont en place chaque jour pour tout nouveau candidat souhaitant s’inscrire à l’Académie Huang et à tout ancien élève de la Cour Extérieure souhaitant ainsi concourir pour garder sa place en son sein.
- Écoutez bien car je ne me répèterai pas. Notre Clan Huang valorise la force et le renforcement du corps. Votre Don inné n’est qu’un outil et non une finalité. Nous formons des guerriers puissants, capable de forger leur propre corps afin que l’individu devienne indestructible. Aujourd’hui et comme tous les jours de votre présence au sein de l’Académie Huang, vous devrez prouver votre motivation. Les élèves qui se trouvent derrière moi sont des élèves de l’Académie de la Cour Extérieure Ils se confrontent jours et nuit à devoir maintenir leur droit de rester au sein de l’Académie face aux candidats étrangers que vous êtes aujourd’hui. Même au sein de la Cour Extérieure, les élèves doivent se démarquer lors de compétition pour atteindre la Cour Intérieure, considérée comme les quartiers d’élites de l’Académie. Pour ceux qui l’ignore, le tambour qui se tient derrière moi s’appelle Zhenli Gu. Tour à tour, vous lui ferez face et le frapperez une seule fois, de toutes vos forces. Votre frappe créera une vibration qui poussera des pierres spirituelles de l’autre côté de cet artefact. La quantité de pierres qui en sort correspondra à la puissance de votre force actuelle. Avez-vous des questions ?
- Mes respects au Maître, fit un candidat. Je suis Bi-chen au stade de la Formation du Noyau et ma force physique n’est probablement pas celle d’un cultiste au stade de l’Âme Naissante. Devrons-nous concourir contre ces personnes ?
- Bonne remarque. Les quartiers extérieurs de l’Académie disposent de différents status en fonction du stade de culture des élèves. Il est évident que vous vous battrez pour atteindre les quartiers au stade de la Formation du Noyau. Si toutefois vous atteignez le stade de l’Âme Naissante à l’Académie, vous devrez vous battre à nouveau pour prétendre rester dans les quartiers extérieurs correspondant. Est-ce clair ?
Ne voyant pas d’autres questionnements, le Maître tend alors son bras droit pour pointer un bâtiment se trouvant proche de la place.
- Lorsque vous aurez fini le test du tambour, vous vous dirigerez vers ce bâtiment. En plus de votre votre force physique, nous mesurerons votre renforcement. C’est-à-dire votre capacité à lutter contre votre propre don. Tous les élèves doivent pouvoir justifier que le renforcement du corps est plus important que le renforcement de leur Don inné afin de correspondre à la voie des Huang. Ainsi tour à tour, vous entrerez dans une salle close au milieu de laquelle se trouve l’artefact ancien du nom de Mingjing, le Miroir de Clarté, qui renverra au cultiste une vague d’énergie spirituelle équivalente au stade de cultivation du don. Pour vous, Bi-chen, la puissance de la vague commencera au stade de la Formation du Noyau. Plus le candidat restera longtemps en présence de cette pression, plus elle s’intensifiera à des paliers de cultivation supérieur. Plus l’élève y résistera longtemps, plus l’énergie dégagée remplira les cristaux à l’extérieur. Ces cristaux correspondront à votre niveau de renforcement globale et donc à vos points d’entrée. Ces derniers s’ajouteront aux pierres spirituelles précédemment obtenues. Des questions ?
- Mes respects au Maître. Je suis Anaki, au stade de la Formation du Noyau. Quelle valeur de pierre spirituelle vaut le remplissage de chaque cristal ?
- Très bonne question. Remplir un cristal n’est pas chose aisée. Cela demande d’avoir un renforcement important. Ce Miroir de Clarté est un artefact ancien qui dégage beaucoup d’énergie. Si le corps est suffisamment renforcé, alors l’énergie se dissipe à l’extérieur du cultivateur et remplie les cristaux comme une jauge. Mais le renforcement étant l’un des exercices de cultivation les plus difficiles, chaque cristal correspond à 1000 pierres spirituelles inférieures.
- Mes respects au Maître. Je suis Guang Xi, au stade de la Formation du Noyau. En quoi le renforcement prévaut-il sur la force brute ?
- La force vous permet de frapper votre adversaire ou d’encaisser des coups physiques. Mais vos ennemis ne seront pas tous des combattants à main nus. Que ce soit des attaques élémentaires ou d’armes, votre corps n’est pas bâti pour les encaisser. Si j’invoque une technique de feu, votre corps finira par brûler ou fondre. Mais si vous avez pris soin de vous renforcer, le feu ne vous fera aucune égratignure. Mon attaque spirituelle devra alors être plus puissante pour vous atteindre. Il en va de même pour le tranchant des armes ou leur capacité à perforer. Un renforcement adéquat peut même parer une flèche d’acier.
- Je comprends Maître. Je vous remercie d’avoir répondu à mon ignorance.
- Mes respects au Maître, je me nomme Anelle, je suis au stade de l’Âme Naissante. Vous avez dit plus tôt que les élèves de la Cour Extérieure de l’Académie devra défendre leur droit de rester, face aux candidats étrangers. Qu’en est-il des élèves de la Cour Intérieure ?
« Cette jeune fille est-elle vraiment à ce stade de cultivation ? » Songea le Maître qui avait beau la regarder avec ses techniques d’analyses, il n’en décernait aucune irrégularité.
- Vous n’avez pas à vous en inquiéter aujourd’hui, reprit le Maître, la Cour Intérieure regroupe les personnes les plus puissantes du Clan, ils sont des élèves parmi les plus doués et les plus forts. Commencez déjà par vous faire une place dans la cour extérieure avant de vous intéresser à ceux qui ont prouvé leur valeur depuis des années.
- Mes excuses. Salua-t-elle en s’inclinant et gardant le silence.
- Puisque personne d’autre n’a de questions. Que le premier candidat s’avance pour le test du Tambour.
- Juchin, stade de la Formation du Noyau…
Les candidats et élèves passèrent à tour de rôle, frappant le tambour pour en récupérer leur dû et en compter leur valeur.
Plus haut dans l’Académie, les quartiers supérieurs dédiés aux plus puissants élèves de l’Académie Huang, aussi appelée Cour Intérieure de l’Académie, permettait d’observer les nouveaux venus en contre bas.
Bien que cet événement soit quotidien, cette fois-ci l’un des cultistes d’élites était présent sur la terrasse à regarder ce qu’il se passait sur la place principale. Un camarade s’approcha de lui à pas de loups puis lui adressa la parole avec désinvolture et moquerie :
- Où sont les cadets qui t’ont donné envie de me contredire plus tôt ? Toi qui d’habitude n’éprouve aucune admiration pour personne, tes propos m’intriguent Lan !
- Ne viens pas m’ennuyer Beli. Ta médisance envers tes adversaires aura raison de ton air hautain un jour ou l’autre.
- Je suis simplement curieux. D’abord donner ton éventail à fleur, l’un de tes préférés, et maintenant t’intéresser à des garnements qui ne savent pas ce qu’est la force brute ? Serais-tu en train de devenir plus femme qu’homme ?
- Qu’as-tu contre les femmes Beli ? Fit une voix féminine derrière eux. Tu veux mon pied entre les jambes ?
- Oh, toute la gente féminine rapplique à ce que je vois ! S’amusa Beli.
- Bonjour Ying. Il est rare de te voir te promener sur la terrasse. Reprit Lan Caihe qui la salua d’un simple regard.
- Tiens donc ? Il me semblait pourtant que la seule personne à ne jamais pointer le bout de son nez dehors, ce soit plutôt toi.
- Peut-être devrais-je laisser les amoureux se chamailler ? Quand même Lan, comment de jeunes gens comme eux peuvent-ils t’intriguer à ce point ?
- De quoi parle Beli, Lan ?
- Figure-toi que Lan a fait la rencontre d’un trio au port, sur le lac. Il a donné son éventail rose à fleur à une gamine et semble s’être pris d’intérêt pour les deux autres. Un jeune homme et une jeune femme.
- Tu plaisantes Beli ? Depuis quand Lan Caihe s’intéresse-t-il aux misérables ?
Mais cette dernière remarque le sortit de son calme et son regard se posa vers sa consœur avec une intention si meurtrière qu’elle s’excusa aussitôt pour ses propos déplacés.
- Allons allons, détends toi Lan. Elle ne voulait pas te provoquer. On sait bien que la misère a pondu Lan Caihe, ah ! Le taquina Beli qui s’en fuyait après quoi pour en éviter sa colère.
- Satané Beli. Soupira Lan qui s’affaissa sur le rebord de la terrasse pour observer les deux cadets.
Plus tard, tandis que Ying et Beli se pavanaient dans les hauts quartiers à raconter à qui voulait bien l’entendre que Lan Caihe avait trouvé un intérêt nouveau pour des candidats de la Cour Extérieure, ils croisèrent subitement Maître Bo Yi qui avait entendu leurs dires.
- Beli, Ying, où se trouve Lan ?
- Respect au Maître ! Saluèrent à tour de rôle les deux élèves.
- Il est sur la terrasse sud de l’arène. Il regarde les examens extérieurs. Répondit Ying.
- Merci. Fit le Maître en s’éclipsant aussitôt.
- Allons voir ça ! Je me demande ce que Bo Yi lui veut ! Il a peut-être fait quelque chose de particulier ! S’amusa de plus bel Beli qui partit aussitôt retrouver son confrère.
Peu après, le maître des Bêtes Spirituelles s’approcha de l’androgyne en le saluant comme son égal.
- Vous l’avez trouvé ? Questionna subitement Lan en voyant Bo Yi s’approcher.
- C’était donc vrai. Vous lui avez donné.
- « De quoi parlent-ils ? » Chuchotait Ying aux côtés de Beli.
- Cette gamine, vous l’avez vu aussi. Vous savez à quel point elle est spéciale. Reprit Lan.
- Oui, vous avez raison. Même au niveau 2, sa puissance est bien supérieure aux autres Bêtes Spirituelles.
- Il n’y a pas que cela. Son énergie était instable. Comme si elle avait vécu un traumatisme dernièrement. Je crains que Liuzi en soi la raison.
- Maître Liuzi ?
- Je voulais dire que c’était sûrement son père. Et qu’il lui est arrivé quelque chose. Reprit Lan.
- Comment en avez-vous déduit une telle chose ?
- Les deux jeunes avec elle. Ils ne subissent aucun contrecoup de la présence d’un Tigre Démérité. Même moi, j’ai dû concentrer mon flux d’énergie pour me maintenir au-dessus de l’eau. Mais eux deux, ils semblaient totalement immunisés.
- Ces deux jeunes gens… Je les ai rencontrés plus tôt. La demoiselle semblait vraiment apprécier la jeune tigre, et réciproquement. Confirma Bo Yi. De plus elle a parlé de son père avant que l’humaine ne s’interpose.
- La seule raison pour que ces deux-là soient capables de gérer cette pression est qu’ils se soient habitués naturellement à une bien plus forte encore.
- Et vous pensez donc à Liuzi. Ça reste logique. En déduit Bo Yi qui observait Lan sortir un autre éventail de sa tenue et de s’aérer le visage avec.
- Lan a donné son éventail à un Tigre Démérité ? Il y a un Tigre Démérité au sein du Clan ? S’étonnait Beli qui comprenait mieux l’intérêt soudain de son aîné pour des candidats extérieurs.
- Je vais étudier la question avec le patriarche. S’il s’avère que le père de cette tigre est bien Liuzi, alors nous devrons faire le nécessaire pour lui prodiguer la meilleure cultivation possible. Affirma Bo Yi qui salua respectueuse Lan Caihe avant de s’en aller.
À petits pas, Beli et Ying se rapprochèrent de l’homme vêtu de rose et s’exclamèrent subitement de leur surprise pour ces incroyables cachotteries.
- Est-ce vrai, Lan, que ces jeunes peuvent se mouvoir librement auprès d’un Tigre Démérité?
- Et qui est ce Liuzi dont vous parliez tous les deux plus tôt ? Questionna l’autre.
- Maître Liuzi… C’était un Tigre Démérité rebel qui avait fait grandir le Clan Huang pendant des décennies. Sa force brute dépassait l’entendement et même les royaumes voisins n’osaient s’en prendre aux Huang avec ce genre de fou… La race spirituelle Démérité lui donnait la capacité de se mêler au monde des humains malgré son envergure et sa force titanesque. Mais il quitta le Clan il y a longtemps de cela et ne revint jamais. Je pense comprendre pourquoi dorénavant.
- Pour son enfant ? Demanda Ying.
- Un enfant capable de prendre forme humaine. Peut-être était-il lui aussi revenu comme cela sans que personne ne le sache. Songea Lan qui regardait le ciel en se demandant ce qu’il était devenu.
Tandis que Lan Caihe rêvassait à ses années passées, admirant le plus grand tigre qui lui ait été donné de côtoyer, la foule commençait à faire un bruit étonnant en contrebas, comme si quelque chose était en train de se passer aux différents tests de l’académie.
- Cette jeune femme, désigna Ying, elle a battu les records de la Cour Extérieure au Tambour !
- Comment ! Elle en a fait sortir combien ? Je ne vois pas d’ici ! S’offusqua Beli qui voulait se rapprocher. Il sauta sur la rambarde, prêt à bondir vers l’avant, quand il sentit la grippe de Lan lui tenir le col en l’incitant silencieusement à se calmer.
Dans le même temps d’autres élèves de la Cour Intérieure qui avaient entendu les ragots des deux autres, se réunirent sur la terrasse pour observer la présence de l’aîné et d’apprécier l’événement en contre bas.
- Ming, ce n’est pas ton record qui vient d’être explosé au Tambour d’ailleurs ? Se moqua Ying en riant aux éclats.
- Cette gamine, elle ne paie rien pour attendre.
- Beli, questionna Lan, combien de cristaux avais tu activé jadis ?
- 5 cristaux sur les 10 présents.
- Et toi Ying ?
- 6 cristaux.
- Et…
- 3 cristaux, Lan. Anticipa Ming.
- Et toi, Lan ? Demanda la femme.
- Seulement un. J’étais sans doute le plus faible candidat d’entre tous.
- Le plus faible devint le plus fort. Le plus fort devint le plus faible. Tel est le récit de Lan Caihe. Conta Beli qui salua respectueusement son aîné avant de reprendre ses moqueries envers Ming.
Les candidats passèrent tour à tour et Enelis ne se démarqua guère des autres au premier test, ne récupérant que quelques dizaines de pierres spirituelles. Même l’aîné tout en haut de l’académie s’en étonna. S’était-il trompé au sujet de celui-ci, songea-t-il en observant Anelle qui semblait sûre d’elle. Mais au moment d’entrer dans la salle au Miroir Mingjing, Enelis s’asseya devant l’artefact qui allait lui renvoyer la puissance d’un marteau spirituel avec lequel il avait appris à grandir pendant des années.
La puissance de l’onde fit trembler la structure autour de lui tandis que le jeune homme voyait là l’opportunité inespérée d’utiliser une source d’énergie tierce pour forger des objets plus résistants et puissants encore. Il invoqua ses clones spirituels aux divers copies de Dons et se mit à concevoir de nouvelles techniques, considérant que forger un marteau dont l’une des extrémités pouvait être tranchante lui servirait plus tard comme arme personnelle, à l’instar du marteau du Géant qu’ils avaient rencontré à la cité d’Aléa.
Les minutes passèrent et des coups de marteaux de plus en plus forts et audibles émettaient des ondes de choc qui traversèrent les murs et repoussèrent les élèves aux alentours.
Au bout du 5ème cristal remplit, Enelis se sentit confiant quant à l’utilisation qu’il avait faite de cet examen et sortit de lui-même de la salle satisfait. Il regarda Anelle sourire aux lèvres et lui suggéra d’en tirer profit.
Cette dernière subit une pression primordiale, à hauteur de son propre Don de Perception à la lueur doré, ce qui la fit tomber dans une illusion profonde. Elle y revit son père, sa famille et son enfance, avant que sa vie ne changea et que les gens ne se meirent à la considérer comme dangereuse.
À l’extérieure de la salle, le premier cristal stagnait à mi-hauteur, comme si le niveau attendait une mise au point pour le remplir ou le vider.
« Ma chère Anelle, ma fille chérie. Je te remercie d’avoir protégé ton royaume toutes ces années » entendait-elle de la bouche de son père tandis que du sang lui coulait des lèvres jusqu’au cou. S’en éloignant, elle remarqua tenir l’épée qui lui transperçait le cœur. « Pourquoi n’as-tu pas continué à sauver ton jeune frère ? Ta mère ? Ton père ? Ton royaume ? » continua le roi de Plema tandis que le cœur battant sortit de la poitrine du vieil homme et de fissura. « Tu ne mérites pas ce royaume, ni cette vie. »
Et tandis que l’illusion la plongeait dans la noirceur de sa culpabilité, une lueur apparue à ses côtés.
« Tu m’as sauvé, tu l’as sauvé, tu nous as sauvé, tu les sauveras » fit la voix d’Enelis résonnant comme une cloche au tintement joyeux, et sa main chaleureuse et brillante vint se poser sur son épaule, sa délicatesse et sa chaleur enveloppa sa jumelle d’un voile protecteur et à sa gauche apparu Sina, puis Xiao Xi, puis Huzi, puis Aki et tous ceux qui ont investi leur espoir en elle. Anelle comprit alors que sa force résidait dans ceux qui partageaient le même espoir, et non les erreurs passées des craintes et des incompréhensions. Elle brisa alors l’illusion et se concentra sur la méditation de son âme pour développer à son tour une technique spirituelle basée sur cette expérience. Quand elle sortit de la salle, Enelis était là, n’attendant qu’elle, se souvenant qu’il avait promis de la protéger coûte que coûte. Elle n’obtenu que 4 cristaux d’énergie mais en ressortit grandie et persévérante.
Mingjing – Miroir de Clarté
Fortune Déchue
Lorsqu’ils eurent tous fini de passer les tests d’inscription à l’Académie, les montants des pierres spirituelles fut décomptés et comparés aux élèves déjà présents dans l’institut. Avec respectivement 8250 pierres spirituelles de qualité inférieure pour Anelle et 7430 pierres spirituelles de qualité inférieures pour Enelis, ils se placèrent tous deux en tête des classements pour l’Âme Naissante. Bien que c’était là la règle de l’épreuve de force des Huang, les deux jumeaux comprirent que leur place au sein de l’académie créèrent de la jalousie et du mépris envers ceux qu’ils venaient de remplacer, et qu’il deviendrait dangereux d’y être expulsé ultérieurement et d’affronter les griefs des anciens élèves.
À l’intérieur de la Cour Extérieure de l’Académie, le Maître qui avait été en charge de l’ensemble de l’examen expliqua les différents lieux et services dont disposeront les élèves dans leurs quartiers :
- Que vous soyez cultivateurs au stade de la Mer de Conscience ou de rang supérieur, vous serez tous amenés chaque jour à lutter pour votre mérite. Les examens d’entrés pour les nouveaux candidats sont ouverts quotidiennement. Plus vous endurerez les difficultés, plus vous serez apte à développer votre force. Alors ne vous relâchez pas.
- À vos ordres, Maître ! S’écrièrent quelques nouveaux élèves.
- Vous avez tous obtenus une certaine quantité de pierres spirituelles de qualité inférieure. Vous pouvez vous rendre dans le salon de Maître Wuang afin d’échanger ces pierres contre des produits ou services propres au développement de votre culture. Si vous vous faites expulser de l’Académie, sachez que l’ensemble des pierres vous seront confisquées. De plus, vous êtes libres de vous déplacer dans l’enceinte de l’Académie, dans le périmètre de la Cour Extérieure. Toutes personnes qui oseraient en sortir sans en être autorisée se verra renvoyer sur le champ. Enfin, il est interdit de s’affronter entre élèves. Si vous souhaitez combattre et engager des paris sur vos adversaires, cela se fera à l’arène.
- Maître, s’imposa de nouveau Anelle respectueusement. À présent que nous sommes officiellement des élèves de l’Académie, comment faisons-nous pour atteindre la Cour Intérieure ?
- Encore vous… Puisque vous insistez. Chaque mois est organisé un tournoi. Les 5 élèves ayant réussis le moins d’exploit dans la Cour Intérieure se verront affronter l’ensemble des élèves de la Cour Extérieure qui le souhaitent. Les gagnants de la Cour Extérieure se verront attribuer leur place dans la Cour Intérieure, mais les perdants se verront quant à eux expulsés. Même si la Cour Intérieure dispose de nombreuses ressources pour la cultivation, il n’est pas chose aisée de s’y hisser. Réfléchissez-y tous bien avant de vous en prendre à meilleur que vous.
Bien qu’ils s’inquiétèrent tous subitement de ne pas être à la hauteur face à des élèves disposants d’aides importantes à des niveaux plus élevés, l’un d’eux demanda s’ils seraient aidés par des Maîtres durant leur séjour dans la Cour Extérieure.
- Maître Wuang propose des services contre des pierres spirituelles. Certains de ces services pourraient répondre à votre attente, et justifier l’aide de Maître. Si vous n’avez pas assez de pierres, vous pouvez remettre votre titre d’élève en jeu à chaque examen de candidatures afin d’amasser davantage de pierres spirituelles face au Tambour Zhenli Gu et au Miroir de Clarté Mingjing. Mais rappelez-vous que si vous disposez moins de pierres spirituelles à terme de l’examen qu’un nouveau candidat, vous serez considéré comme disqualifier. Votre décompte ne dépendra pas de vos économies mais des ressources obtenus à ce moment là. Toutefois, ce n’est que l’un des deux moyens d’obtenir des ressources. Le second est dans l’arène. Confrontez-vous aux autres et mettez en jeu vos ressources pour tirer profit de l’expérience et des gains potentiels.
- Peut-on refuser l’affrontement d’un tiers s’il nous met au défi de le combattre, Maître ? Demanda une autre élève.
- Vous pouvez refuser les affrontements. Mais 100 pierres spirituelles vous seront alors confisquer par l’Académie. Et vous ne pouvez pas être mis au défit plus d’une fois par jour. L’élève qui vous mettra au défit n’emportera aucun bénéfice à votre refus et ne pourra mettre personne d’autre au défit pendant la journée. L’Académie Huang reste un lieu de cultivation et d’apprentissage. Le respect prime avant tout. Il est également possible de se défier en groupe. À présent je vous invite à aller voir Maître Wuang dans son échoppe et de vous familiariser avec les ressources qui vous sont mises à disposition.
Le Maître disparu aussitôt avoir rempli son rôle, laissant le groupe d’élèves inquiet et perdu. Nul ne savait où se trouvaient leur quartier respectif, comme s’ils avaient été du bétail lâché au milieu de la bassecour. Les élèves déjà présents dans l’Académie semblaient tous désireux d’obtenir les ressources des nouveaux, avec pour la plupart des intentions hostiles qu’Anelle et Enelis arrivaient à percevoir. C’était là un environnement bien plus anarchique qu’il n’y paraissait.
Le groupuscule se dirigea d’abord à l’intérieur de l’échoppe où Maître Wuang, un petit homme enrobé les attendait déjà, souriant et enthousiaste.
- Bienvenue ! Approchez ! Approchez ! S’écriait-il enjoué.
Il tourna autour des élèves comme pour les jauger puis s’asseyait à son comptoir en leur demandant de déposer leur bourse de pierres spirituelles sur une balance. Lorsque le premier s’avança pour le faire, celle-ci fit mécaniquement bouger l’affichage qui se trouvait au mur, dans le dos du propriétaire. Il expliqua alors que le poids des pierres permettait d’afficher l’ensemble des biens et services qui correspondait à ce moment. Plus le poids des pierres serait important, plus l’affichage serait complet, et inversement avec peu de pierres. Il ajouta que chaque bien ou service obtenu serait concilier précisément en date, en heur et en identité dans son registre et qu’un seul achat par jour serait autorisé par individu.
Il fit avancer tour à tour les élèves pour en mesurer leurs poids. Il savait à vue de nez la quantité de pierres correspondantes au poids affiché. 3000, 4000, 5000, des montants assez légers pour la plupart mais quand vinrent le tour d’Enelis, il observa déjà que l’assurance du jeune homme ne correspondait pas au stade de culture qu’il prétendait être. Sa bourse quant à elle était supérieure à 7000 pierres, ce qui, même pour une Âme Naissante relevait d’une importance rare. Le Maître Forgeron observa minutieusement l’ensemble des biens et services qui lui était proposé et réfléchit à l’intérêt d’en obtenir déjà un. Il questionna le vendeur pour savoir s’il lui était possible de connaître le reste des biens ou services qui n’étaient pas affichés devant lui aujourd’hui.
- Vous ne pouvez pas. Seuls s’afficheront les résultats correspondant à votre richesse. Si vous voulez connaître les autres avantages, vous devrez revenir avec une bourse plus conséquente jeune homme.
Il regarda alors sa jumelle et fit un signe négatif de la tête pour lui signifier qu’il n’y avait rien d’intéressant à ce stade. Quand ce fut son tour à elle, elle salua le propriétaire en s’inclinant et se refusa à faire peser ses pierres. Elle se retourna aussitôt et rejoignit son acolyte à l’extérieur de l’échoppe.
- Je crois que Liuzi nous a conseillé cet endroit, non pour nous protéger nous, mais pour protéger Huzi. Dit Enelis à voix basse.
- C’est évident. Huzi est maintenant protégée par le Clan. C’est une bonne chose pour elle. Quant à nous, il semble que nous allions devoir prouver notre valeur et nous hisser jusque là-haut. Répondit Anelle en pointant du doigt les hauteurs de la Cour Intérieure.
- Les biens de cette échoppe sont tape à l’œil mais n’ont aucune véritable valeur de cultivation. Proposer des pilules de soin, de repos et d’autres du genre n’auront aucun effet sur notre cultivation.
- N’oublie pas que nous sommes ici en tant qu’Âme Naissante. Il sera évidemment difficile d’obtenir des ressources à la hauteur de notre niveau. Alors peut-être devrions-nous tenter quelque chose.
- Tu penses à ce que je pense Anelle ?
- Je crois que oui. La salle du Miroir de Clarté est le seul atout dont nous avons vraiment besoin aujourd’hui.
- Je suis d’accord. Obtenir une telle pression spirituelle sans n’avoir à fournir aucune ressource est vraiment une opportunité rare. Je peux forger autant que je le souhaite sans avoir à y insuffler ma propre énergie. Ajouta le garçon.
- Et moi je peux développer mon sens de la Perception et manifester de nouvelles capacités qui se complètent.
- De plus, les cristaux de cette salle renferment plus de valeur en pierres spirituelles que le Tambour. Le regard de Maître Wuang s’est illuminé avec ma propre bourse, comme si cela correspondait déjà à un poids satisfaisant. Si nous profitons de cet artefact pour nous développer et assurer notre place dans l’Académie, alors nous pourrons aussi nous préparer à affronter les élèves de la Cour Intérieure à la fin du mois. Qu’en penses-tu ?
Anelle regardait son jumeaux qui avait des étoiles dans les yeux tant leur situation semblait tourner à leur avantage. Les pierres spirituelles ne devenant plus qu’un prétexte pour justifier de se présenter volontairement au examens d’entrés quotidien et de profiter d’une source d’énergie tierce qui ne saurait élever les soupçons. Le plan semblait parfait jusqu’à ce que l’ensemble des opportunités aient été utilisées et qu’ils puissent prétendre à se hisser au sommet du Clan.
En cherchant leur quartier, ils s’aperçurent que la hiérarchie existait aussi au sein de la Cour Extérieure, où les Âmes Naissantes étaient considérées comme supérieurs aux stades inférieurs, et où il était de coutume que les stades de cultivations inférieurs s’écarte du chemin. Mais cherchant encore leur habitat, Anelle et Enelis ne savaient comment différencier les uns des autres, à l’exception de leur capacité de perception. Devant eux surgit un groupe de quatre individus dont le premier, tenant la tête du nombre, se tenait devant les nouveaux venus avec un air de dédain.
- Poussez-vous de là, vous me gâcher la vue ! Déclara-t-il avec mépris.
- Vous avez entendu le boss, dégagez le passage, ou vous aurez à faire à lui. Renchérit un autre.
- Vous êtes sourds ? S’impatienta un troisième qui jouait des mécaniques et s’avança pour les confronter.
- Calme-toi, fit le chef en lui posant une main sur la poitrine pour le retenir. Tu vois bien qu’ils ne savent pas où sont leur place. Vous deux, si vous ne voulez pas finir par terre à mordre la poussière, donnez nous votre bourse de pierres.
- Allez, donnez-les et on vous épargnera. Ordonna le quatrième.
Enelis hocha les épaules en regardant Anelle qui s’étonnait de cette situation.
- Eh oh ! On se réveille, envoyez vos bourses si vous voulez rester en un seul morceau ! Ordonna de plus bel le chef du groupuscule.
- Il est interdit de se battre hors de l’arène. Répondit calmement Anelle.
- Tu… tu… tu veux te battre fillette ? S’offusqua le deuxième de la réponse insensible de l’auditrice.
- Je parie mes 8250 pierres spirituelles contre toutes les vôtres, en 2 vs 4. Ajouta-t-elle alors avec un léger sourire.
- 8000… Elle a plus de 8000 pierres boss. Chuchota le 4ème étonné.
- Et alors ? Ce ne sont que des cadets. Ils ne savent pas qui dirigent ici. Vous voulez vous battre ? Très bien, allons nous battre. J’accepte le défi.
Enelis laissa tomber sa tête dans sa main devant le groupe et balança celle-ci dans un sens et dans l’autre, pensant que l’ignorance était véritablement le pire défaut d’une vie.
Ils se rendirent tous les 6 jusqu’à l’arène, subissant les moqueries des trois acolytes du chef, qui se pavanait dans les rues de la Cour Extérieure.
- Les gars, venez voir ! Premier jour de nouveaux élèves et déjà prêt à combattre le groupe de Jeri. Dépêchez vous ! S’écria un élève qui entra dans l’échoppe de Wuang pour alerter tout le monde de l’événement.
- Allons-y ! Jeri s’en prend aux nouveaux !
- Désolé Maître, fit un autre en reprenant sa bourse de pierres spirituelles, je reviendrais plus tard !
Toute la Cour Extérieure se dépêcha de rejoindre l’arène où se tenaient déjà Enelis et Anelle face aux quatre opposants. Sur une table à l’extérieure, l’on pouvait voir la bourse de la jeune femme ainsi que les 4 autres maigres bourses. Celle d’Enelis n’ayant pas été mis en cause, ce dernier ne l’a pas parié.
La foule fit soudainement silence et Maître Wuang, qui avait rejoint les gradins également, se tenait à la balustrade pour observer ce spectacle. Un énième jeune homme approcha du centre de l’arène et se présenta aux opposants :
- Je suis Jin, cultivateur au stade de l’Âme Naissante. Je serai garant des bonnes conduites de l’affrontement. Il est interdit d’assainir un coup létal à son adversaire. Vous êtes libres d’utiliser vos propres techniques de combat jusqu’à ce que l’adversaire ne puisse plus se relever ou déclare forfait. Est-ce que vous acceptez ces conditions ?
- Nous l’acceptons. Répondirent Enelis et Anelle.
- Bien sûr, on fera comme tu dis Jin. Répondit le Jeri comme si ce n’était qu’un détail.
- Dans ce cas, commencez !
Enelis recula de quelques pas, sachant que ce combat était suffisamment déséquilibré pour que son intervention n’ait aucun intérêt. Il s’asseya à l’arrière, dans une position de méditation et se concentra sur le développement de son âme au stade de la Mer de Conscience. Anelle quant à elle regardait patiemment ses adversaires la provoquer, comme s’ils n’avaient pas l’intention d’attaquer. Elle s’amusa de la situation et voyant qu’Enelis méditait déjà, elle demanda à l’arbitre, sous l’attention stupéfaite des adversaires, s’il y avait une limite de temps imparti pour ce genre d’affrontement, ce à quoi on lui répondit que non.
- Bon, soupira-t-elle, vous ne vouliez pas combattre ? Vous avez peur ? Taquina-t-elle en s’échauffant les poignets.
- Allez-y les gars, montrez-lui qui on est.
Elle regarda les trois subalternes s’avancer vers elle mais d’un geste de la main, les sélectionnant tour à tour, elle leur suggéra de déclarer forfait immédiatement s’ils ne voulaient pas définitivement perdre leur chance de se cultiver. Sa mise en garde était si simplement émise mais avec une telle assurance que l’esprit combatif des adversaires en fut soudainement ébranlé.
- Vous voulez un exemple ? Demanda-t-elle au plus proche.
- Ce n’est que du bluff ! S’exclama le boss qui leur ordonna d’attaquer immédiatement.
Bien que Wuang ne décernait aucune irrégularité dans l’énergie de la demoiselle, il ressentit lui aussi un frisson lorsqu’elle les menaça plus tôt, comme si une puissante pression spirituelle était maintenue dans son corps et se diffusait à travers ses propres intentions.
Les élèves dans les gradins commencèrent à huer le groupe supérieur en nombre, comme s’ils perdaient patience de ne voir aucun des 4 garçons n’oser attaquer une femme seule. Et il n’en fallut pas plus pour Jeri pour se décider d’agir de lui-même devant ses incapables acolytes. Il s’avança vers la femme d’un pas décidé et fit apparaître une épée de sa sacoche magique. Jin qui observait la scène lui interdit de l’utiliser, mais son interlocuteur lui répondit qu’il n’avait guère interdit l’usage d’arme lorsqu’il énonça les règles.
- Approche. Dit-elle amusé.
- Tu riras moins quand je t’aurais découpé en morceau.
Mais quand il fut presque à hauteur de frapper, Anelle fit un déplacement éclair vers lui, comme elle en avait le secret au royaume de Plema, utilisant sa technique fétiche de la Frappe Éclair, puis levant sa main droite haut au-dessus de sa tête, elle lui assainit une gifle si violente que le choc résonna dans toute l’arène et que la tête de Jeri s’étala contre le sol, totalement sonné.
- Voici une démonstration. À qui le tour ? S’exprima-t-elle en s’adressant aux trois autres apeurés.
- J’abandonne.
- J’abandonne.
- J’abandonne.
La foule ria aux éclats après que le choc les ait tût pendant une fraction de seconde, se moquant que le groupe de Jeri se fasse ainsi ridiculiser par la gifle d’une femme après des semaines de dictature hiérarchique.
Jin annonça les résultats et la jeune femme, rejoint par Enelis, récupéra son dû sur le table avant de demander son chemin à l’arbitre pour trouver les quartiers des Âmes Naissantes et d’en connaître leur propre place.
Les jours passèrent et les deux élèves assidus ne se présentèrent jamais plus à l’échoppe de Maître Wuang, dont ce dernier s’inquiétait de sa baisse de notoriété tandis que les deux Âmes Naissantes qui avaient fait parler d’eux le premier jour, accumulaient une quantité de pierres spirituelles de plus en plus élevée sans ne jamais daigner les dépenser dans son échoppe. Avant que le mois ne se finisse, ce n’est pas moins que 150 000 pierres spirituelles de qualité inférieure que le duo avait réussit à accumuler jusqu’ici. Autant de ressources monétaires qui n’entraient plus dans le circuit de l’Académie, créant jusqu’à un premier déficit dans les caisses du Clan, qui n’avaient encore jamais eu à faire à une logique conservatrice.
Au dernier jour du mois, et tandis que les ressources hebdomadaires allouées à la Cour Extérieure devait apparaître le premier du mois suivant, Maître Wuang se rendit personnellement dans les quartiers des Âmes Naissantes pour quémander une audience avec les deux élèves. Leur notoriété leur avait presque attribué un titre honorifique au sein même de l’Académie, au même titre que les Maîtres du Clan ou que la notoriété des élèves de la Cour Intérieure.
- Entrez, installez-vous. Proposa Enelis aimablement en saluant respectueusement son aîné.
- Voulez-vous boire une tasse de thé ? Demanda Anelle qui servait des tasses et remplissait d’eau chaude la théière.
Wuang observa que le lit dans le fond de la pièce était intégralement recouvert de pierres spirituelles, et qu’il y avait là une véritable fortune qui prenait simplement la poussière sans aucune autre considération.
- Jeunes Maîtres, je ne vais pas y aller par 4 chemins. Dit respectueusement Wuang en déglutinant devant la richesse des deux cadets.
- Nous vous écoutons. Lui répondit Enelis qui invita Anelle à s’asseoir avant lui.
- Dès demain, la Cour Extérieure sera en difficulté financière. Le système étant basé sur la consommation des produits et services de mon échoppe, les pierres spirituelles pouvaient ainsi entrer et être remises en circulation pour les candidatures exterieures et la motivation des élèves. Mais avec vos économies ces derniers jours, c’est un important manque de flux monétaire dans les caisses et pour nos élèves.
- Nous comprenons, toutefois, vos biens ou services ne représentent aucun intérêt pour notre propre cultivation. Nous n’avons donc pas besoin de dépenser ces pierres, même si nos mérites justifient leur obtention. Expliqua Anelle.
- Je le comprends. C’est pourquoi je vous ai apporté des trésors rares de mes propres possessions, qui ne sont pas même en vente dans toute l’Académie. La situation actuelle est telle que si vos pierres spirituelles ne me reviennent pas d’ici demain, la Cour Intérieure prendra des mesures disciplinaires à notre encontre.
Anelle se leva alors et fit entrer d’un geste de la main, l’ensemble des pierres spirituelles de la chambre à l’intérieure d’une sacoche magique qui lui avait été prêté lors des examens pour transporter ses gains.
- Voici la bourse avec l’ensemble des pierres d’Enelis et de moi-même. Que nous proposez-vous ?
- J’ai bien compris que votre intérêt résidait dans la pression spirituelle du Miroir de Clarté, et qu’en ce sens aucun objet de la boutique ne pourrait justifier votre intérêt. Alors je vous ai amené une pilule parfaite de niveau 5, nommée Énergies Déchues qui permettent de doubler le renforcement spirituelle d’un cultivateur de niveau Saint. Même si vous n’êtes pas encore à ce stade de cultivation, je n’ai aucun doute que ce n’est qu’une question de temps avant que ça ne soit le cas. Cette pilule m’a été donnée en récompense jadis par le Clan.
« Ce n’est pas exactement ce que fait cette pilule. » Reprit Sena qui surgit d’entre les élèves comme si de rien n’était. Elle pouvait se mouvoir autour de la table sans que l’invité ne la voit, bien qu’il décela une sensation étrange envahir la pièce et pesée sur ses épaules.
Enelis avait sursauté en son âme intérieure inspira profondément avant de demander à l’aîné s’il pouvait continuer son discours.
- L’autre objet que je vous ai ramené est un artefact que j’ai obtenu il y a des années de cela et dont je n’en ai jamais trouvé l’utilité. Ce que je sais, c’est qu’il est recouvert de sigil incompréhensible et que son alliage semble être un matériaux résistant à bien des choses. J’ai plusieurs fois tenté de le vendre mais pour beaucoup il ne s’agit ni plus ni moins d’un vieux morceau de pierre tombale ou quelque chose du genre. Toutefois, je l’ai étudié pendant longtemps et j’ai cherché à le comprendre jusqu’au jour où je suis entré dans la Salle du Miroir Mingjing avec. Ce morceau de je ne sais quoi a réagit à cet artefact ancien et les sigils se sont révélés. Je ne sais pas ce que c’est mais je pense que c’est un objet rare. Même si je n’en ai aucune utilité, je sens que votre investissement de temps dans cette salle n’est pas anodine. Peut-être que cet objet vous serait plus utile qu’à moi ? Expliqua Wuang en tendant le morceau à ses hôtes.
- « L’univers donne naissance à toute chose. Une poussière, un monde. Le corps est aussi son propre univers. »
- Vous arrivez à le lire ! S’exclama l’aîné qui se leva brusquement de sa chaise en fixant la jeune femme du regard.
« Ne dites-vous pas « oups » dans cette situation ? » remarqua amusée Sena qui s’approcha du morceau. « Ce monsieur possède des choses précieuses. Cela ne ressemble pas à un morceau de pierre tombale, mais plutôt un morceau de dalle à l’entrée d’un temple ou quelque chose du genre. Si les sigils réagissent à un artefact ancien comme le Miroir Mingjing, c’est qu’il date de la même époque. »
- Comment pouvez-vous lire ce qui est écrit là ! Qui êtes-vous vraiment ? Je savais qu’il y avait quelque chose d’étrange chez vous.
- Calmez-vous Maître Wuang. Se leva Enelis en essayant de le calmer.
- Êtes-vous des espions ? Quelles sont vos intentions à l’encontre du Clan ! Je dois prévenir les autres.
Enelis regarda Anelle avec inquiétude. Leur situation risquait de changer d’un moment à l’autre s’ils étaient suspectées d’être des ennemis infiltrés. Une décision devait être prise, et vite, avant qu’il ne s’en aille. Anelle se mit à condenser son énergie, comme si elle s’apprêtait à assainir un coup mortel, comme elle le faisait jadis contre ses ennemis, tandis qu’Enelis perdait son calme et s’apprêtait à faire apparaître sa nouvelle arme de combat. Il se précipita aux trousses de Wuang, craignant de plus en plus devoir passer à l’acte, un acte de barbarie qu’il savait être inhumain face à un homme innocent mais inquiet.
Au moment de passé la porte, Wuang s’arrêta subitement. Devant lui se tenait un individu qui lui imposa un respect si grand qu’il se tût et se prosterna intégralement. Enelis qui le poursuivait se retrouva nez-à-nez avec un l’individu et s’inquiéta de la situation actuelle. Anelle quant à elle, venait de ranger les offrandes et s’approcha des trois individus à la porte en ne tenant plus que la sacoche de pierres spirituelles.
- Nous ne nous sommes encore jamais présentés, il me semble. Fit l’homme devant les cadets.
Invisible Manifestation de Puissance Spirituelle d’Anelle
Un Nouveau Maître
Un grand homme revêtu d’une tenue bordeaux et d’une cape sombre se présenta à la porte. Wuang qui s’était prosterné dans l’instant salua le Maître tandis que les deux cadets s’étonnèrent de cette situation, reconnaissant le visage du nouvel arrivant.
- Redressez-vous Wuang. Il me semble que nous devrions faire plus ample connaissance jeunes gens.
- Salutations au Maître. Saluèrent les deux plus jeunes en l’invitant aussitôt à s’installer à la place qu’occupait Wuang.
- Je lis dans vos regards la curiosité et l’inquiétude. Cela fait plusieurs semaines que nous nous cottoyons au quotidien et il est vrai que je ne me suis jamais présenté aux élèves de la Cour Extérieure.
Enelis et Anelle l’avait rencontré dès le premier jour d’examen, lorsqu’ils obtinrent leur place au sein de l’Académie. Cet homme en charge des tests du Tambour et du Miroir n’avait pour ainsi dire jamais daigné décliner son identité, ci-bien qu’il était devenu habituel de ne le considérer que comme un simple examinateur. Après s’être installé devant la tasse de thé tiède, il insista pour que tous s’asseyent à leur tour, à l’exception de Maître Wuang qui resta silencieux dans son ombre.
- Je m’appelle Yihuang, fils aîné du patriarche du Clan Huang. Pendant sa retraite spirituelle, je gère le Clan avec mes frères et sœurs.
- Grand Maître, votre présence nous honore. Répondit Anelle aux présentations.
- Comment le Grand Maître peut-il perdre son temps au sein de la Cour Extérieure ? Questionna humblement Enelis.
- Même s’il paraît être une tâche ingrate que de s’occuper des nouveaux candidats, c’est en réalité l’une des tâches les plus cruciales, autant pour la sécurité de l’Académie que pour déceler les rares génies qui viendraient fouler le sol de notre Clan. Et en parlant de génies…
L’invité fit s’avancé l’échopier d’un geste de la main afin de lui faire savoir que les deux cadets sont dorénavant sous sa protection et qu’autant sa visite que leur nouveau statut ne devra pas s’ébruiter. Mais ce dernier, inquiet pour la sécurité du Clan tout entier, s’inclina respectueusement pour témoigner de son inquiétude à leur encontre, notamment du fait qu’ils aient la capacité rare de comprendre des sigils anciens.
- Je comprends votre inquiétude Maître Wuang. Il s’avère que ces deux jeunes gens aient une expérience de la vie bien plus profonde que la vôtre, voire peut-être même de la mienne. Lui répondit Yihuang.
- Nous ne sommes que…
- Ne vous en faites pas, interrompit-il Anelle, je crois que je comprends à peu près la situation dans laquelle vous vous trouvez.
Il se leva alors et expliqua avoir fait quelques recherches à leur sujet après que le Maître Bo Yi, responsable des Bêtes Spirituelles, soit venu le voir pour lui expliquer leur étonnante proximité avec un Tigre Démérité.
- Un Tigre Démérité, Maître ? S’étonna Wuang qui s’inclinait toujours.
- S’il est une chose rare de côtoyer une race sacrée, il en est une encore davantage de sembler être immunisé à leur pression spirituelle naturelle.
Bien que les deux Maîtres semblaient impressionnés par ces faits, les cadets ressentirent une certaine inquiétude dans le ton employé par le supérieur hiérarchique. Il continua ses éloges en y apportant l’ensemble des faits relayés ces dernières semaines, ainsi que des nouvelles qui n’étaient pas parvenues jusqu’aux oreilles des 2 Corps Sacrés.
- Yan Qien, le patriarche du Clan Achi et bras-droit de l’Empereur, est sortit récemment de sa retraite de cultivation et est venu mettre à feu et à cendre des centaines d’hectares de forêt dans les Terres Désolées à l’Est d’ici. L’on rapporte qu’il n’aurait pas réussi à obtenir ce qu’il était venu chercher. Mais d’après les propos de la jeune tigresse, il semblerait que vous veniez tous trois de cet endroit, et que Maître Liuzi y était présent.
- Maître Liuzi… Songea Wuang silencieusement.
- Alors je m’interroge encore sur la raison pour laquelle deux élèves de la Cour Extérieure semblent faire profil bas au sein de mon Clan, alors que leurs origines semblent être liés à des dangers bien trop importants.
- Grand…
- Et puis, interrompit-il Anelle de plus bel, j’ai fait ma propre enquête à vos côtés. Qui ne saurait reconnaître la technique de Dissimulation du Sage Aki ? Elle qui se pavanait de royaume en royaume à prétendre n’être qu’une moins que rien pour en obtenir les faveurs des plus grands ? Ah, cette femme était vraiment quelque chose. Et comme vous le savez, votre technique de Dissimulation peut tromper des cultivateurs jusqu’à un certain stade, mais au-delà, elle ne sert plus à rien.
- Une technique de Dissimulation, Maître ? Questionna Wuang en s’interrogeant sur le stade de cultivation réel des deux jeunes.
- Est-ce que je lui dis, ou vous le faites ? S’en amusa Yihuang.
- Pardonnez-nous, Maître, fit aussitôt Enelis avec respect en se levant et s’inclinant.
- Rasseyez-vous, laissons cette question en suspend pour le moment. Répliqua aussitôt le Chef qui s’inquiétait du comportement de Maître Wuang. Alors récapitulons la situation, voulez-vous ?
Sena qui était toujours présente dans le plan éthérique, félicitait le fils aîné pour ses impressionnantes déductions. Elle expliqua au cadet que sa culture était celle du Noyau d’Étoile, un niveau avancé de la cultivation des mortels n’ayant pourtant pas l’entraînement spirituelle adéquate. Soit que le Clan Huang disposait d’importantes ressources de Qi, l’énergie spirituelle, pour le développement de ses disciples, soit qu’il était tout bonnement l’un des rares génies de cette ère. Le stade du Noyau d’Étoile étant à 3 stades d’évolution au-dessus des Roi Saint. De plus, ses connaissances sur le monde reflètait parfaitement ses responsabilités de chef intendant.
- Vous vous présentez comme des disciples de l’Âme Naissante afin de vous fondre au sein d’un Clan renégat que nous sommes. Vous passer ces quinze derniers jours à accumuler des pierres spirituelles sans n’en apprécier la couleur pour passer le plus clair de votre temps à l’intérieur de la salle du Miroir de Clarté, à en subir des frappes spirituelles que mêmes les meilleurs disciples de la Cour Intérieure ne saurait supporter. Vous êtes immunisés, ou devrais-je dire habitués, à la pression extrême qu’impose la race des Tigres Démérités. Vous avez probablement fui les Terres Désolées avec ce tigre en répondant à une demande de quelqu’un d’autre, et êtes recherchés par Yan Qien. La question demeure sur l’origine de votre rencontre avec ces derniers, ainsi que vos origines à vous. Mais puisque vous utilisez tous deux la technique de Dissimulation de Maître Aki, j’en déduis en toute logique que vous venez du Royaume de Plema, dont ce dernier a connu des mois bien sombres depuis la chute du roi.
- Des disciples de Plema ? S’étonna Wuang.
- Ai-je tort ?
Anelle et Enelis se regardèrent mutuellement, sachant qu’ils avaient été percés à jour. Nul besoin de contredire des faits. Même s’ils ne connaissaient par leur lien avec la royauté de Plema, il était évident que la simple utilisation de cette technique ancienne de Dissimulation venait de les trahir.
- C’est vrai. Affirma Anelle en saluant respectueusement les aînés.
- Nous sommes restés au chevet de Huzi et de son père pendant plusieurs semaines pour suivre un entraînement intensif au cœur de la Forêt Abandonnée que vous appelez les Terres Désolées. Ajouta Enelis.
- Nous y avons appris la langue ancienne et y avons atteint notre stade de cultivation actuelle avant d’en être chassé par Yan Qien. Romança de plus bel la jumelle.
- Nous avons d’abord dû quitter le royaume de Plema après l’assassinat du Roi et nous sommes naturellement déplacés vers l’Ouest, pensant que le royaume d’Achi serait le meilleur endroit pour nous établir de nouveau. En chemin, nous nous sommes perdus dans les montagnes après avoir fui des brigands sur les routes. Raconta Enelis qui savait qu’il serait difficile de remonter jusqu’aux informations du bourg de Ju-Ye, où le chef Monar y était décédé par les mains du Maître Yu de la cité d’Alea.
- Ainsi est-ce l’histoire des deux génies que voici ?
Les cadets s’inclinèrent silencieusement en attendant la suite de cette entrevue. Yihuang se caressa légèrement sa courte barbe et s’amusa subitement de la situation.
- Tout ceci est passionnant ! Aujourd’hui, vous êtes disciples de mon Clan, et c’est une grande opportunité pour vous comme pour nous.
- Grand Maître, s’étonna Wuang à cette étonnante réaction ?
- Détendez-vous Maître Wuang. Le Clan Huang a jadis été fondé pour recueillir tous les renégats en quête de rédemption et d’une nouvelle famille, ne l’oubliez pas. Ces deux jeunes gens ont besoin de nous et sont des génies rares ! Vous l’avez dit vous-même, ils sont capables de lire les anciennes écritures ! En connaissez-vous d’autres ? S’enthousiasmait-il. Il va sans dire que vous n’allez pas concourir contre les élèves de la Cour Intérieure pour vous hisser jusque-là, ce serait injuste pour eux. Je ne connais personne actuellement qui ait votre âge et qui soit déjà au stade de l’Âme Naissante, si ce n’est plus encore. Votre technique de cultivation doit être exceptionnelle !
- « Nous y voilà. » Fit Sena qui s’inquiétait de cette observation.
Mais se retrouvant face à un silence profond, mêlé d’une certaine inquiétude, Yihuang comprit qu’il s’agissait bien d’une voie très spécifique. Il proposa aux deux élèves de les prendre comme disciple pour les hisser à la Cour Intérieure et ainsi leur proposer des ressources de cultivations importantes, en l’échange de quoi ils devraient aider le Clan à se développer et à obtenir leur aide pour la cultivation de leurs disciples.
- Grand Maître, nous sommes honorés de l’intérêt que vous nous portez à mon frère et moi, ainsi que l’amabilité et l’accueil dont fait preuve le Clan Huang. Nous répondrons assurément à votre demande et souhaiterions demander au Maître d’accepter deux conditions.
- Deux ? Lesquells ?
- Comment osez-vous discuter avec Maître Yihuang qui vous donne une opportunité unique ! S’offusqua Maître Wuang.
- C’est d’accord. C’est d’accord. Nous avons tous beaucoup à gagner. Affirma l’aîné du Clan.
- Notre première condition, fit Anelle qui répéta mot pour mot ce que Sena lui dictait, sera d’attendre qu’ils aient atteint le niveau de cultivation de stade Sage. Mais qu’en contre partie de cette attente, nous n’essaierons pas de nous cacher quant à nos méthodes de cultivation.
- En combien de temps pensez-vous atteindre ce stade de culture ? À vous entendre le dire, cela semble vous être accessible prochainement. S’étonna Yihuang.
- Si les ressources sont à la hauteur de vos propos, nous y serons dès l’année prochaine.
- C’est impensable ! Comment atteindre un tel niveau en seulement quelques mois ? Il m’a fallut plus de cinq ans avec des pilules d’alchimies réputées pour traverser les stades et suivre un entraînement intense pour renforcer mon corps. Si ce que vous dites est vrai, alors votre voie de cultivation doit être d’une prouesse remarquable. Quel est le Maître qui vous a enseigné cela ?
- Maître Xiao Xi. Répondit aussitôt Enelis qui pensa au grand moine chauve enjoué qui séjournait à Sinalea dorénavant.
- Je n’ai jamais entendu parler de cet individu. Est-il originaire de Plema également ?
- Notre Maître est toujours resté très mystérieux à ce sujet.
- C’est d’accord. Et qu’en est-il de la deuxième ?
- Nous souhaiterions continuer à dissimuler notre stade de cultivation actuelle. Bien que nous comprenons que cela ne soit pas pertinent auprès de grands Maîtres tel que vous, il est préférable de rester discret auprès des disciples et nous souhaiterions autant que possible éviter une quelconque notoriété.
- Cela se comprend. Votre jeune âge va forcément susciter des questionnements et de la jalousie. Il est en effet préférable de considérer que vous restiez discrets. Mais cela posera dans ce cas un problème majeur quant à votre ascension à la Cour Intérieure.
Bien que la discussion tourna à leur avantage, les problèmes n’étaient pas encore tous résolus tandis que d’autres apparaîtraient certainement plus tard. Devenir disciple d’un chef de Clan était forcément un événement qui ferait parler d’eux, et même si cela pouvait leur permettre d’obtenir d’importantes ressources, il était plus que nécessaire de devenir plus puissant rapidement, avant que les nouvelles ne s’ébruitent jusqu’au Royaume d’Achi. De plus, les cadets ne savaient pas à quoi s’attendre en s’inscrivant dans la lignée des disciples de la Cour Intérieure. Ils seraient assurément jalousés de leur pistonnage et devoir faire leur preuve devenait malgré tout une nécessité qui les poussa à demander à concourir à la compétition.
Même si sur le principe une défaite engendrerait leur expulsion, ils justifièrent ce choix pour une question d’équiter et de respect des règles.
En se quittant, Maître Yihuang imposa à Maître Wuang de garder secret l’ensemble de la rencontre et des conversations abordées, et remercia les cadets pour la remise des 150 000 pierres spirituelles. Ces derniers s’inclinèrent respectueusement et saluèrent les aînés qui partirent tout en les remerciant à leur tour pour leur temps et leurs diverses opportunités.
Aussitôt qu’ils en eut l’occasion, Anelle et Enelis méditèrent et rejoignirent Sena et Xiao Xi au coeur de Sinalea. Cette situation les inquiétèrent encore davantage du fait d’avoir été ainsi démasqué. Il était évident qu’importe où ils iraient, ils seraient bien incapables de se cacher et de prospérer à l’abris des regards.
- Cet homme peut assurément être un énième ennemi de taille, mais aussi votre meilleur allié. Expliqua calmement Sena, comme à son habitude.
- Devrions-nous vraiment rester dans ce Clan ? Nous avons été découverts si simplement. Et s’ils apprenaient que nous sommes recherchés par le royaume d’Achi ? Que je suis la descendante du royaume de Plema. Que feront-ils d’une telle information Sena ?
- Le Clan Huang n’est pas connu pour être peuplé de traîtres parmi les leurs, répondit Xiao Xi, vous venez d’être pris comme disciple de l’une des personnes les plus puissantes du Clan.
- Même s’il est évident que ce Yihuang n’a d’intérêt pour vous que votre manière de cultiver, il pourrait devenir votre meilleur atout pour l’avenir. Réfléchissez, si vous apportez à son Clan la voie ancestrale de cultivation, ce dernier deviendra assurément l’un des plus puissants dans les siècles à venir. Vous avez donc l’opportunité de vous en faire un allié de taille, et peut-être même plus encore.
- Que voulez-vous dire ? Questionna Anelle.
- Sena a raison, aujourd’hui c’est un Clan renégat, dont la plupart des disciples et des Maîtres fuient le monde qui les entoure. Ils ne rendent de compte à personne et ont basé leur notoriété sur de puissants guerriers. Mais il leur manque une chose importante, l’unité. Expliqua Xiao Xi.
- C’est exact. Votre force a déjà été reconnue. Vous avez à peine la vingtaine et vous pouvez rivaliser avec la plupart des Maîtres de ce monde. Alors si vous apportez une nouvelle voie de cultivation à tout un Clan, vous pourriez devenir membres à part entière et disposer d’une véritable identité au sein des Huang. De plus, vous aurez à disposition des ressources importantes. Et souvenez-vous qu’en atteignant le stade de Sage, vous aurez la possibilité d’accéder à de nouvelles opportunités dans le royaume de Sinalea. Votre âme spirituelle obtiendra également d’importantes ressources qu’aucun autre ne possède dans cette vie. C’est pour vous l’occasion de devenir plus puissants, autant sur le plan personnel que sur le plan diplomatique. Et en tant que future reine, ces deux principes sont tout autant important l’un que l’autre.
- Je crois que Sena et Xiao Xi ont raison, Anelle. Nous avons été découverts et pourtant il nous a proposé une voie d’émancipation et de liberté unique. Si nous pouvons nous développer autant sur le plan du renforcement que sur le plan diplomatique, nous pourrions obtenir l’aide d’une puissance dormante. Il sera alors temps d’admettre nos véritables origines.
Anelle songea à ces propos qui faisaient sens, et songea à Huzi qui attendait de pouvoir la revoir. Si elle pouvait construire des relations fortes avec un Clan indépendant et devenir une alliée indispensable, elle pourrait aussi protéger Huzi en mémoire de son père. De plus, ils n’avaient nulle part ailleurs où aller sans craindre des représailles ou des poursuites. C’était là la meilleure solution.
Après qu’elle accepta ces dispositions, Enelis revint aussitôt sur un autre sujet, la méditation de l’âme spirituelle. Quels étaient les prérequis pour qu’elle se développe suffisamment qu’il leur soit à nouveau possible d’entrer dans le royaume éthérique comme auparavant ? Mais avant qu’il n’ait pu en obtenir une réponse, ils entendirent des étrangers se présenter dans la cour de l’habitation.
Anelle et Enelis se précipitèrent à l’extérieur pour en accueillir les arrivants, pensant que leur nouveau Maître revenait pour une raison ou une autre. Mais à leur grande surprise, c’était le groupe de Jeri qui était venu au complet. Jeri le premier se présenta en s’inclinant respectueusement, les mains jointes et demanda aux deux cadets d’avoir l’amabilité de l’excuser pour son comportement passé. S’ensuit les trois autres gaillards qui s’inclinèrent pour demander pardon en chœur. Surpris et restant de marbre, Jeri renchérit :
- Nous ignorions que vous étiez disciples du Grand Maître du Clan. Veuillez nous pardonner.
- Veuillez nous pardonner ! S’exclamèrent en chœur les trois autres à ces mots.
Forcés de constater que la nouvelle a été répandue immédiatement, comme si Yihuang s’amusait de les mettre dans une certaine difficulté dès à présent. Bien que personne de la Cour Extérieure n’oserait évidemment les défier, il était évident que ceux de la Cour Intérieure allait d’ores-et-déjà avoir des griefs à leur encontre, et bien plus encore quand ils auront vaincu leurs adversaires lors de la compétition au début du mois. Et tandis que Jeri et les siens attendaient patiemment leur rédemption, d’autres élèves accoururent tel un flot continu, pour demander conseil aux génies qui venaient d’être révélés.
Bien plus haut, dans les hauteurs de la Cour Intérieure, Beli qui avait une oreille dans tous les recoins du Clan se précipita aux portes de la résidence de Lan pour lui répéter ce qu’il avait tout juste entendu.
- Lan ! Sors de là ! J’ai plus important à te dire que ton maquillage ! Le taquinait-il pour le pousser à sortir.
- Beli, que me veux-tu ! S’exclama-t-il férocement depuis l’intérieur de sa demeure.
- C’est au sujet de tes protégés ! Dépêche-toi ou tu seras le dernier à le savoir !
En un instant, une tempête sembla naître au coeur de la maison ci-bien que les volets et les portes s’ouvrirent tous et toutes et que Lan Caihe apparut devant Beli.
- Parle donc ! Que se passe-t-il ! L’interrogeait-il avec beaucoup d’enthousiasme.
- Tes deux prodiges, ils viennent d’être reconnus comme les disciples officiels de Maître Yihuang !
- Pardon ? Depuis quand Maître Yihuang prend-il des disciples personnels ? Tu as dû mal comprendre. Vérifie tes sources Beli.
- Ce n’est pas tout Lan, il a lui-même annoncé qu’ils concourront lors de la compétition d’ascension de la Cour Extérieure pour la Cour Intérieure dans deux jours, et qu’aucune règle ne sera changée.
- Maître Yihuang l’a annoncé lui-même ? Qu’est-ce que cela signifie ? Intérrogea Lan.
- N’est-ce pas ? Pourquoi précipiter les choses ! Ça ne fait même pas un mois qu’ils sont disciples de la Cour Extérieure et ils vont déjà concourir pour nous rejoindre. Ce ne sont plus des génies à ce stade.
- La seule explication est que Maître Yihuang sait quelque chose que nous ignorons. Renseigne-toi Beli.
- Compte sur moi. Ces prochains jours, ce sera un vrai chaos. Les 5 derniers disciples de la Cour Intérieure vont donner tout ce qu’ils ont pour se démarquer et vaincre ces deux jeunes.
- J’en ai bien peur, sans compter que les 95 autres vont observer ce combat avec beaucoup d’intérêt.
- Bon, je vais drainer toutes les infos possibles. On se voit dans deux jours Lan !
- À plus tard Beli.
Dans le Palais du Clan, plus haut encore que la Cour Intérieure, les frères et soeurs s’en prennent directement à leur aîné qui siège à la place du patriarche.
- Que t’est-il passé par la tête Yi ? Prendre des disciples de la Cour Extérieure, tu as perdu la tête ? Questionna la 2ème sœur qui frappait du point sur la table devant elle après son frère.
- Nous serons la risée de tous si tes élèves échouent, t’en rends-tu compte ? Fit le 3ème plus encore en colère.
- Que nous caches-tu exactement Yihuang ? Tu n’as jamais pris de disciples ces dix dernières années, qu’est-ce qui t’a fait changé d’avis pour deux disciples de la Cour extérieure ? Qui plus est des disciples qui sont arrivés ce mois-ci.
- Mes frères, ma sœur, calmez-vous je vous prie. Je vous demande de me faire confiance et vous invite à observer la compétition d’ascension qui aura lieu dans 2 jours. Si je vous ai fait venir ici, c’est pour vous demander un service.
- Un service mon frère ? Qu’est-ce que tu manigances ? Interrogea sa sœur.
- J’aimerais que vous me promettiez de ne pas chercher à me voler mes disciples dans 2 jours ! S’exclama-t-il enjoué, le sourire jusqu’aux oreilles.
- Es-tu tombé sur la tête Yi ?
- Erhuang, est-ce que j’ai ta parole ? Demanda l’aîné à sa sœur cadette.
- Serait-il possible que ces deux là soient des génies ? Questionna Sanhuang, le 3ème frère.
- J’ai entendu dire que des élèves avaient accumulé toute la fortune de la Cour Extérieure en deux semaines. Se pourrait-il que ce soient eux ? C’est une question d’argent Yihuang ? Tu es avare à ce point ? S’indigna Sihuang, le 4ème frère.
- Écoutez moi, reprit Yihuang, quelles sont vos stades de culture respectif je vous prie ?
- Quelle drôle de question. N’es-tu plus au stade de la Graine d’Étoile Yi ? Demanda le 3ème.
- Si, je suis bien au stade de la Graine d’Étoile depuis plus de 7 ans. Et vous trois ?
- Je suis au stade de Sage depuis 5 ans. Ce n’est qu’une question de mois avant que je n’atteigne le stade suivant grand-frère. Répondit le 4ème Sihuang.
- Je suis aussi au stade de Sage depuis moins d’un an. Répondit à son tour le 3ème Sanhuang.
- Et toi ma chère sœur ?
- Je suis au stade de la Graine d’Étoile depuis 3 ans. Quel est l’intérêt de cette question ? En quoi cela à avoir avec tes disciples au stade de l’Âme Naissante ?
- J’aimerais simplement que vous vous rappeliez tous, lors de la compétition, que mes disciples sont à ce stade de cultivation à l’âge de 20 ans.
- 20 ans ? Ce sont donc bien des génies. Affirma Sihuang. Quels sont leur Don ?
- Je n’en ai pas la moindre idée ! S’exclama en riant Yihuang qui se leva de son fauteuil en se rendant compte qu’il n’avait pas même cherché à connaître ce détail.
- Te moques-tu de nous ! Ne me dis quand même pas que tu as pris des disciples, aussi génies soient-ils, à l’Âme Naissante, sans en connaître leur Don ! Renchérit le dernier.
- Es-tu vraiment apte à diriger le Clan ? Se moqua Erhuang, la cadette.
Mais n’appréciant pas cette remarque désobligeante, il sortit son épée et la tendit devant chacun de ses frères et sœur, leur incitant à parler ouvertement sur l’importance et les responsabilités qu’occasionnent le fait d’occuper la place de chef intendant du Clan. Tour à tour, la fratrie s’excusa pour leur propos déplacé, et le remerciant pour le sacrifice qu’il avait accepté de porter seul sur ses épaules ces dernières années.
- Ça ne fait rien. Je me suis également emporté vainement. S’excusa-t-il à son tour.
- Quoiqu’il en soit Yi, nous sommes tous impatients de rencontrer ces enfants. Je ne pense pas faire erreur en disant au nom de nous trois que nous sommes intrigués par ceux qui ont su te donner l’envie de reprendre des disciples.
- Je présiderai personnellement cette compétition et proposerait une récompense spéciale aux élèves de la Cour Intérieure qui arriverait à vaincre mes deux disciples. À présent, je vous laisse. Nous nous verrons dans deux jours. Termina-t-il avant de sortir du hall du palais.
- Je crois qu’il est primordial que nous nous intéressions davantage à la vie du Clan, vous ne pensez pas ? Demanda humblement le 3ème frère.
- Je connais bien Yi, ils ne prendraient pas des disciples sur la seule base que ce sont des génies. Même si être à l’Âme Naissante à 20 ans relève du génie, cela s’est déjà observé chez des familles de nobles. Remarqua Erhuang.
- Et encore moins des disciples sans en connaître la valeur de leur Don. Ces jeunes cachent peut-être quelque chose que Yi a su déceler, ou bien… Soupira Sanhuang.
- Ou bien ils possèdent quelque chose capable de faire plier la volonté de notre frère à leur avantage ? Songèrent tous ensemble la fratrie.
Anelle et Enelis deviennent des disciples du Maître Yihuang
Le N° 10
Les jours passèrent jusqu’au grand événement qui opposait les deux nouveaux disciples de l’Académie Huang à la réputée Cour Intérieure de celle-ci. Les Grands Maîtres y étaient présents, ainsi que Yihuang, le chef intendant du Clan qui présidait la rencontre amicale entre les disciples. Un tel événement suscita également la curiosité de bons nombres de Maîtres du Clan qui ne s’aventuraient habituellement pas dans les affaires internes de l’Académie. Quant aux élèves, beaucoup entendirent des rumeurs à leur sujet sans ne pouvoir les voir avant la rencontre. En effet, ni Anelle et ni Enelis ne furent aperçus dans les quartiers inférieurs les jours qui précédèrent, préférant se concentrer sur la méditation et le repos de leur Corps et de leurs Âmes.
- Es-tu prête Anelle ? C’est aujourd’hui que se joue notre avenir.
- Oui, méritons notre place auprès des Huang. Mais ne sous-estime pas nos adversaires.
- Si nous avions la capacité d’attaquer dans le monde éthérique, ça n’aurait été qu’un détail. Il me tarde que notre Âme Han atteigne le stade de la Formation du Noyau.
- D’ailleurs, Enelis, si nous devons combattre en équipe, peut-être qu’une Formation dont tu as le secret nous serait bien utile.
- Ne t’en fais pas j’y ai déjà réfléchi, fais moi confiance. Ces dernières semaines ont été fructueuses.
- Je sais bien. Allons-y.
Sous un ciel dégagé, au son des tambours lointain, les jumeaux traversèrent les quartiers d’Âme Naissante suivis de leurs camarades silencieux. Jeri et sa troupe s’étaient mis à l’avant pour dégager le passage comme s’il s’agissait d’un cortège royal. Les gradins de l’arène étaient déjà bondés à leur arrivée, et une tour qui surplombait le tout abritait 4 Maîtres, présidés par le Chef Intendant lui-même. Il marquait sciemment un fort sourire d’excitation sur son visage. Bien qu’une grande partie des spectateurs étaient des élèves de la Cour Extérieure, une autre partie qui y faisait face était quant à elle remplie d’un bon nombres de disciples de la Cour Intérieure. Et non loin de la place, en extérieur, l’on pouvait apercevoir les Bêtes Spirituelles qui observaient la scène. Huzi, quant à elle n’avait pas été conviée à l’événement.
La jeune femme et le jeune homme saluèrent l’ensemble de la foule et s’inclinèrent face aux Maîtres qui présidaient l’assemblée, attendant que les règles soient annoncées et que les hostilités commencent.
- Chers disciples, Maîtres et Bêtes Spirituelles.
- Salutations au Grand Maître ! Firent l’ensemble de la population en retour.
- Vous êtes présents ce jour pour la compétition mensuelle qui opposent les candidats de la Cour Extérieure souhaitant atteindre la Cour Intérieure, aux derniers 5 disciples des 100 de celle-ci. Mais ce mois-ci, vous n’êtes pas sans savoir que j’ai annoncé ces deux jeunes candidats comme mes disciples personnels. Et se faisant, je souhaite faire de cette confrontation une opportunité pour l’ensemble des disciples de la Cour Intérieure qui souhaiterait démontrer leur émancipation. Bien que j’ai conscience qu’il s’agisse, pour beaucoup d’entre vous, que de jeunes élèves au stade de l’Âme Naissante, je vous prie de croire que Yihuang, votre Chef Intendant a su voir bien davantage que leur actuelle niveau de culture.
- Que dis-tu là Yi ? Chuchota son benjamin assis dans l’un des sièges à ses côtés.
- C’est pourquoi j’annonce que cette compétition sera exceptionnellement ouverte à l’ensemble des 100 disciples de la Cour Intérieure qui souhaiteraient affronter les cadets. De plus, à quiconque réussissant à vaincre ces jeunes gens, j’offrirais une pilule de cultivation de niveau 5 de ma propre réserve.
Les chuchotements se firent entendre dans tous les gradins, se questionnant sur la dangerosité d’annoncer une telle épreuve pour des disciples de la Cour Extérieure, mais aussi de la confiance aveugle que portait le Grand Maître pour des cultivateurs de l’Âme Naissante.
- Toutefois ! Reprit-il, tout élève qui perdrait son combat contre mes disciples se verraient perdre leur classement dans la liste des 100 au profit de ces jeunes gens, et seront relayés à la dernière place du classement. L’ordre de combat se faisant nécessairement des derniers de la liste aux premiers. Enfin, aucun disciple de la Cour Intérieure ne sera pénalisé d’exclusion en cas de défaite face à mes disciples ce mois-ci.
- Ta confiance aveugle pour ces deux jeunes te coûtera cher cette fois, Yi. Ajouta agacé le 3ème frère, Sanhuang.
Il se rassit alors, le temps de laisser la foule comprendre les nouvelles règles de cet affrontement, et de justifier d’une certaine jalousie envers les deux disciples qui se présentaient au centre de l’arène, toujours incliné face au Clan. De plus, lorsque Yihuang remarqua que sa soeur, au même stade de cultivation que lui, avait remarqué la vérité qui se cachait derrière la technique de Dissimulation des cadets, il lui demanda de garder le silence. Ce à quoi elle lui répondit troublée que même ainsi, cela ne suffirait pas à vaincre les meilleurs disciples de la Cour Intérieure.
Lorsque la foule fut calmée, le chef reprit la parole pour annoncer le début de la compétition, invitant les disciples de la Cour Intérieure à se présenter dans l’arène afin de concourir pour le prestige et le trésor :
- Disciple Byon, stade de l’Âme Naissante, 100ème sur la liste des disciples de la Cour Intérieure. Je me présente pour concourir à cette compétition. Veuillez me guider.
- Anelle, disciple de la Cour Extérieure, veuillez me guider.
- Enelis, disciple de la Cour Extérieure, veuillez me guider.
- Disciple Byon, veuillez annoncer votre premier adversaire. Dit Yihuang rappelant qu’il fallait vaincre ses deux disciples pour remporter le trésor.
- Je souhaite affronter la cadette Anelle.
- Courage, chuchota Enelis à sa jumelle.
Ce dernier se retira sur le côté de l’arène tandis qu’Anelle s’inclina à nouveau face à son adversaire avant de se redresser. Le regard fixe, elle semblait déjà jauger son adversaire qui, dans sa posture, semblait quant à lui la sous-estimer.
- Veuillez commencer. Ordonna le Chef qui s’asseya aussitôt.
Le jeune homme invoqua une technique de foudre afin de frapper son adversaire et de l’immobiliser. Mais à sa déconvenue, la foudre qui traversa pourtant en un éclair l’arène, n’arriva pas à toucher Anelle qui semblait se déplacer à cette vitesse et qui esquivait non sans mal les chocs. Elle s’approcha de son adversaire et sortit subitement son épée de sa sacoche de stockage en y posant sa lame sous la gorge dégagée de l’attaquant. Sous le regard stupéfait des spectateurs, et inquiet de l’opposant, ce dernier leva ses mains pour déclarer forfait.
Les uns après les autres, Anelle et Enelis vainquirent l’ensemble des disciples de la Cour Intérieure qui se dressèrent devant eux en quête du trésor promis. Près de 25 disciples du stade de l’Âme Naissante à celui du stade de Saint furent vaincus, permettant aux deux jeunes de se hisser respectivement aux places de 48ème disciple pour la fille et 52ème pour le garçon, sur la liste des 100 de la Cour Intérieure.
- N’as-tu pas envie de te confronter à eux, Beli? Questionna Lan Caihe dans les gradins avec ses camarades. Tu as démontré un profond intérêt à leur égard ces deux derniers jours, et pourtant tu n’as pas réussi à en tirer une quelconque nouvelle information.
- Laisserais-tu un Roi Saint s’en prendre à tes protégés Lan ?
- N’étais-tu pas là quand ils ont vaincu tous les autres disciples ces dernières heures ? Ont-ils besoin de ma protection ?
- Peut-être que ces deux-là sont à l’apogée de l’Âme Naissante, mais entre un Sain et un Roi Saint, il y a un fossé de puissance. Si je me présente dans l’arène, on ne verra en moi qu’un opportuniste souhaitant maltraité les cadets.
- Je vais le faire. S’immisça Ming qui se leva. Si je les vaincs, peu importe ce que les gens penseront, j’obtiendrai un trésor de la part du Chef.
- Tu vas vraiment le faire ! Tu n’es pas sérieux ! S’énerva Ying.
- Laissez-le y aller. Je suis curieux de savoir si ces jeunes seront capables d’entrer dans le top 10. Répondit calmement Lan qui s’aéra le visage avec son éventail.
En descendant au cœur de l’arène, les bouches chuchotèrent sur l’intérêt de laisser un tel adversaire se présenter face aux cadets.
- Grand Maître, je suis Ming, disciple de la Cour Intérieure, classé 10ème des 100. Je me porte volontaire pour combattre ces redoutables adversaires.
- Je sais bien ce que pense tout le monde ! S’exclama Yihuang aussitôt. Mais veuillez comprendre ce disciple, il voit là l’opportunité d’obtenir un trésor pour sa cultivation. Dans ce monde, il faut aussi savoir saisir les opportunités qui s’offrent à soi. Toutefois, si le disciple Ming en convient, il serait préférable qu’il combatte ces deux cadets en même temps.
- Le disciple accepte ! Affirma Ming sûr de lui.
Yihuang se rasseya tandis qu’Enelis et Anelle s’inclinèrent devant leur plus puissant adversaire. Mais avant de commencer, les deux jumeaux se concertèrent. Dans les gradins, tous ricanaient et s’impatientaient de voir enfin les deux nouveaux se faire battre à plate couture. Le 10ème de la liste des 100 n’était pas à sous-estimé, une telle position justifiait d’importantes prouesses de cultivation.
- Vas-tu vraiment ne rien lui dire, grande-soeur ? Questionna Sanhuang auprès de son aînée.
- Il a raison, même si ses disciples ont su battre des disciples au stade du Saint, celui-ci est à un tout autre niveau. Renchérit le 4ème frère.
- C’est aussi une expérience de cultivation que d’affronter plus fort que soi. Reprit Erhuang qui tenta de noyer les doutes quant à sa découverte du véritable stade de cultivation des deux jeunes.
Anelle accepta la proposition d’Enelis de le laisser combattre en premier, sans n’en dire un mot aux arbitres. Ils s’inclinèrent tous deux en guise de respect devant Ming et lui demandèrent de bien vouloir leur enseigner davantage à travers leur combat. De son côté, le 10ème s’étonna que le jeune homme soit le seul à se mettre en garde devant lui, comme s’ils avaient tous deux pris une confiance bien trop importante.
« Anelle m’a dit qu’il possédait le Don de cloche, sans doute des techniques basées sur des ondes sonores. L’expérience passe par le combat et l’adversité. Je ne saurais ce que je vaux qu’en affrontant des adversaires variés. Cette personne est au même stade de cultivation que nous. » Songea Enelis qui se mit en garde, positionnant ses mains l’une au-dessus de l’autre.
Mais Ming avait bien l’intention d’en finir rapidement pour faire étalage de sa force et de son mérite. Il invoqua aussitôt une armure qui recouvra son corps, tandis que du feu se mit à jaillir de ses paumes. L’air se mit à se troubler et la poussière au sol s’éleva en suivant un courant d’air circulaire qui tournoyait de plus en plus autour de lui. Voyant que son adversaire restait immobile devant lui, Ming s’élança et frappa de coups de poings ardents par volées. Chaque frappe laissait des traces de fumée dans l’air, comme si tout ce qui se trouvait autour de ses points se désintégrait à leurs proximités. Si un seul de ses coups venait à toucher le visage d’Enelis, il en serait assurément profondément défiguré pensèrent les spectateurs. Mais observant qu’il évitait les coups les uns après les autres, Ming se concentra alors sur l’abdomen de son adversaire, une zone moins risquée et plus vaste en surface de contact, ci-bien qu’il réussit à lui assainir un coup qui l’éjecta à plusieurs mètres en arrière.
« Quelle puissance. La douleur est bien présente, mais ça n’est pas assez intense. Le Miroir de Clarté m’en a fait bavé davantage. » Pensa Enelis en se relevant et reprenant sa garde, mains croisées cette fois en formant un signe spécifique.
Surpris par sa capacité à encaisser un tel coup et à se comporter comme inintéressé par le combat, Ming s’agaça de la situation et invoqua une technique de frappe dévastatrice appelée le Doigt de la Cloche. Une gigantesque cloche d’énergie apparut au-dessus de l’arène et tandis qu’elle résonna, un doigt d’énergie apparut et descendit vers Enelis avec une pression si forte que le sol lui-même se mit à se fissurer sous les combattants.
- Attaque ! S’écria Enelis subitement, surprenant autant son adversaire que tous ceux qui les observait.
Sortant soudainement de l’ombre de sa silhouette, Anelle s’élança vers Ming, une énergie dorée l’enveloppant.
- Formation de la Paume Temporelle ! S’écriait de plus bel Enelis qui invoqua une gigantesque Formation autour de l’arène, prenant sa source de l’énergie qu’il avait pris temps de condenser entre ses paumes, et dont les sceaux tournoyaient dans le ciel. De cette technique jaillit à son tour une Paume plus grande et dense que l’était la cloche de leur adversaire.
- Qu’est-ce que… Se retourna Ming en ressentant la pression stratosphérique qui s’appliquait alors sur ses épaules, tandis que le poing serré de la jeune femme pénétrait son armure d’une force qu’il n’aurait pu anticiper.
Mais avant qu’elle n’ait finit sa frappe, Anelle cria le nom de sa technique, le Poing Déchu, tandis que le corps d’Anelle se retrouva de profil, aux côtés de celui de son adversaire, et que son bras développa l’inertie qui finit par se propager jusqu’à son poing sous la forme d’une puissance dévastatrice, propulsant en un instant Ming contre le mur de l’enceinte, dans lequel il y resta encré telle une mosaïque.
L’arène resta silencieuse le temps de recouvrir leur esprit et d’assimiler ce qu’il venait de se passer.
- J’en suis certain à présent, observa Lan à voix haute.
- C’est pas croyable ! Ming s’est fait pulvériser en un seul coup. S’estomaqua Beli.
- De quoi es-tu certain Lan ? Reprit la cadette Ying qui le voyait refermer son éventail.
- Ce ne sont pas des Âme Naissante. Ils dissimulent leur puissance.
- Comment est-ce possible ? Même toi qui est au stade de Sage nous a assuré du contraire. Qu’est-ce qui a changé ?
- Lui, il a encaissé un coup de Ming sans broncher et a invoqué une Formation digne d’un véritable Maître des Formations. Quant à elle, l’espace d’un instant, son énergie spirituelle était immense, jusqu’à hérisser mes poils.
- Maître Yihuang le savait sans doute alors. C’est pour ça qu’il a organisé tout ça. Comprit Beli. J’ai bien fait de m’abstenir de combattre.
- Son intention n’était sans doute pas de faire étalage de leur force devant les disciples, mais de montrer que de puissants disciples venaient d’entrer dans le Clan. Expliqua Lan qui se leva et quitta la scène.
- Où vas-tu Lan, reviens ! S’écria Beli.
- Laisse-le partir, il a vu ce qu’il voulait voir. Expliqua Ying qui tira l’habit du garçon pour le pousser à regarder l’arène à nouveau.
À l’extérieur, Lan Caihe s’affala contre un mur extérieur de l’arène et songea à ce qu’il venait de se passer : « la pression de cette Formation était inouïe. Elle a dissipé en un instant une technique d’élite d’un Roi Saint, tandis que le coup de cette fille a traversé l’armure de la Cloche de Ming. Ce n’était pas qu’une attaque physique. À les regarder, ils semblent déjà m’écraser de leur présence. Quel est leur véritable niveau ? Se mouvoir auprès d’un Tigre Démérité, auprès de Maître Liuzi, et maintenant une telle démonstration de puissance, ils excellent dans leur cultivation malgré leur jeune âge. Qu’est-ce que Yihuang a découvert que j’ignore, pour les faire se plier à être ses disciples… » Songea-t-il en entendant au loin la foule acclamer les vainqueurs et les Grand Maîtres féliciter les deux jeunes.
Attaque du Poing Déchu d’Anelle
La Source du Qi
Après la victoire retentissante d’Anelle et d’Enelis, les regards se sont encore davantage tournés vers eux. Autant les 4 Grand Maîtres à la tête du Clan, que l’ensemble des 100 disciples de la Cour Intérieure à laquelle ils font dorénavant partis, se partageant pour la toute première fois la 10ème place de ce classement. Cet arrangement leur permis d’obtenir d’importantes ressources qu’il ne leur était même impensable d’obtenir si rapidement. Tout d’abord une habitation entouré d’un lac situé au-dessus d’une source d’énergie naturelle dense, permettant de méditer et d’absorber cette énergie. Ensuite, des plantes rares pour le raffinement d’alchimie, permettant de développer des médecines puissantes. Enfin, la Cour Intérieure possède sa propre bibliothèque et dispose de nombreux manuscrits de techniques. Les disciples peuvent en emprunter un par mois dans le but de parfaire leurs capacités au combat mais aussi dans le renforcement du corps.
Certains lieux du Clan leur permettent notamment de subir la pression physique d’un torrent de cascade, ou de s’affronter amicalement avec les autres disciples. La hiérarchie des élèves dans la liste des 100 ne dépend pas d’affrontements entre eux, mais de la réalisation de bienfaits pour le Clan, comme le raffinement de pilules pour la progression de chacun, l’enseignement, le partage, ainsi que le développement personnel mesurer par les Maîtres pour déterminer l’avancée de chaque disciple. Bien que les élèves ayant des stades de cultivations les plus importants se trouvent en tête de liste, il s’agit aussi de ceux prodiguant le plus d’investissement et de biens faits pour le Clan. Dans ces quartiers, il reste assez rare de croiser les autres disciples, tant le développement personnel est mis en avant, et la consommation des ressources demande beaucoup de concentration et d’attention.
Yihuang quant à lui, vint régulièrement rendre visite à ses deux disciples, autant pour les entraîner, que pour leur offrir des ingrédients rares qui devraient parfaire leur cultivation. Bien que son but soit plus grand, et ses objectifs pour son Clan plus vaste, il ne prétendait pas oublier la promesse qui lui avait été faite pour l’enseignement de cette voie de cultivation.
Les semaines passèrent et les nouvelles élites se présentèrent au pavillon de Lan Caihe pour le remercier de ses conseils lors de leur rencontre il y a plus d’un mois maintenant. Annoncés, le maître des lieux sortis enthousiaste pour rencontrer ses invités.
- Entrez, entrez-donc. Je suis ravis de voir que vous avez su vous hisser au sommet. Invita Lan à l’intérieur de son jardin où se trouvait non loin une table et quelques sièges.
- Merci, s’inclinèrent-ils avant de s’installer autour du thé qui y était servit rapidement.
- Votre ascension a fait beaucoup parlé depuis votre arrivée. Moi-même j’ai observé vos combats pendant la compétition et ait été surpris par votre profonde cultivation. Vaincre un Roi Saint n’est pas chose aisée pour bon nombres de Maîtres, même de même niveau, alors sur le plan de l’Âme Naissante, cela relève du miracle.
- Merci pour vos éloges Maître Lan Caihe.
- Que me vaut votre visite aujourd’hui ?
- Comme nous vous l’avions dit à notre arrivée, reprit Enelis en observant le hochement de tête d’Anelle, nous sommes ici pour vous remettre un présent en guise de remerciements.
Anelle fit alors sortit une herbe de raffinement qui brillait de tout son corps. Elle le tendit à leur hôte et lui priait d’accepter ce présent. Surpris, Lan Caihe se pencha sur le champignon luisant qui lui était tendu et d’un air dubitatif accepta le présent.
- Voici une herbe rare qui nous a été offert par Maître Yihuang en personne. Il s’agit du Lingzhi, décrivit Enelis, aussi appelé Champignon de l’Esprit, il est réputé pour sa pureté vitale et le renforcement du l’énergie intérieure. Cette herbe rare et lumineuse date de plus d’un millénaire, ce qui en fait une herbe médicinale de grande valeur mais aussi d’une grande prouesse curative.
- Comment pourrai-je accepter un bien aussi précieux ?
- Ce n’est pas de cela dont il s’agit… Hésita Enelis un instant.
- Que voulez-vous dire ?
- Si vous me le permettez, j’aimerais raffiner cet élément afin de vous proposer une pilule aux vertues médicinales unique. Une telle pilule, basée sur le raffinement d’un ingrédient si important devrait atteindre une qualité parfaite de niveau 5.
Lan s’affala sur sa chaise en entendant ces mots. De telles pilules à ce niveau de raffinement sont déjà considérées comme des trésors à part entière, mais plus encore que leur force physique, ils leur proposaient innocemment de leur raffiner un tel trésor que même les Grand Maîtres pouvaient jalouser.
- Lorsque nous aurons atteint un niveau de cultivation suffisant, nous entamerons le raffinement de cette pilule afin de vous remercier.
- C’est bien trop précieux pour que j’accepte cela sans rien en échange. Même si je loue votre générosité, laissez-moi vous dire que si vous avez besoin de quoique ce soit en ressources ou de services, ma porte vous sera toujours ouverte.
- À ce sujet, si je puis me permettre, reprit aussitôt Anelle, nous souhaiterions disposer d’un lieu où nous pourrions méditer sans interruption au sein d’une source d’énergie abondante. L’habitation qui nous a été dédiée est certes en présence d’une source pure, mais nous craignons être constamment dérangés pendant notre cultivation. Pourrions-nous vous demander de nous laisser emprunter votre bassin de méditation ?
- Bien sûr, oui, je comprends. Balbutia l’aîné qui allait de surprise en surprise avec eux. Combien de temps pensez-vous rester ?
La jeune femme regarda son homologue et s’inclinèrent ensemble, mains jointes vers l’avant, pour demander pas moins de 6 mois de retraite de cultivation intensive.
- Atteindrez-vous le stade de Saint d’ici 6 mois, ce faisant ? Interrogea-t-il les plus jeunes, surpris qu’ils en proposaient une durée si longue.
- Nous avons fait une promesse à Maître Yihuang, que nous souhaiterions tenir après ces 6 prochains mois.
- Je me demande de quoi il s’agit. 6 Mois est une durée importante, même pour moi. Peut-être pourrions-nous simplement échanger nos demeures le temps de ce processus ?
- Faites comme chez vous. Pria Anelle tout en songeant que le bassin qui se trouvait devant la demeure de l’aîné était bien plus chargé en Qi (énergie du Dao), que tout ce qu’ils avaient vu jusqu’à maintenant.
Il n’était pas étonnant pour elle qui avait observé que son interlocuteur était déjà au stade de Sage, qu’il lui faille une quantité importante et continue d’énergie afin de parfaire son Don et le renforcement de son corps. Avec une telle source, il ne faudrait pas plus de quelques mois aux jumeaux pour que leur âme Han atteigne la Formation de Noyau et qu’ils atteignent tout deux un nouveau stade de cultivation, atteignant à leur tour le stade de cultivation de Sage et accède à de nouvelles opportunités au sein du Royaume de Sinalea.
Après qu’ils aient accepté les termes les uns des autres, ils dégustèrent ce thé avec beaucoup de plaisir et de remerciements. La journée était claire et la température tempérée laissait une légère brise secouer les feuilles des cerisiers de la demeure. Derrière s’érigeait des sommets montagneux qui semblaient avoir été sculptés par le Clan, tandis que des cloches sonnaient au loin dans les bas quartiers et du port. Cette Cour Intérieure avait tout d’un véritable lieu de repos. Au détour de quelques tasses, ils échangèrent sur le système hiérarchique du Clan, de ses dirigeants et du patriarche. Ce dernier se nommait Huangdi et était à l’aube de l’immortalité, parmi les plus puissants hommes du monde. Sa retraite dans les profondeurs des montagnes du Nord lui permettait de cottoyer l’une des sources les plus pure du continent tout entier. Cela faisait déjà 10 ans qu’il y était en retraite, tentant d’accéder à l’ascension au-delà du stade de l’Étoile Naissante. Une telle ascension est généralement précédée d’une Tribulation Immortelle, un acte des cieux qui s’abat sur les mortels les plus téméraires et qui, s’ils en survivent, atteignent alors le Royaume Immortel, atteignant une culture qui ne s’est plus expérimentée depuis des siècles.
Pour certains, racontait Lan Caihe, le Royaume Immortel, au-delà des restrictions des principes mortels du Dao ne serait qu’ineptie, fantasme, légendes imaginées pour maintenir un système de caste et de hiérarchie entre les cultivateurs. Un tel objectif pousserait naturellement les plus audacieux à dominer le monde. Mais quand les deux jeunes demandèrent à leur aîné ce qu’il en pensait lui-même, il resta évasif. Si l’Immortalité était bien une étape de la cultivation, alors il ne pouvait imaginer que le royaume des mortels soit le seul qui puisse exister, et qu’aucune des races du monde ne puissent véritablement y être à jamais prisonnière.
« Cet homme est vraiment intéressant. » Fit soudainement Sena qui surprit à nouveau les deux jeunes qui en renversèrent malencontreusement leur tasse.
- Tout va bien ? Mes propos vous ont-ils troublé ? S’inquiéta Lan qui demanda à ses serviteurs de nettoyer la table.
- Pardon, c’est que… j’ai été surprise par la brise.
- Oui c’est ça, la brise nous a surprise. Répéta Enelis en observant l’âme de Sena se balader dans le jardin autour d’eux, avant de se retourner pour leur adresser la parole
- « Lorsque votre Âme Han aura atteint la Formation du Noyau, vous devriez commencer par cet individu. Derrière son apparence androgyne semble se tenir un esprit vif et ambitieux. Un tel allié sera d’une grande importance à l’avenir. »
- Est-ce que vous allez bien ? Questionna Lan qui voyait les deux jeunes regarder fixement le vide derrière lui.
Ils se levèrent précipitamment pour s’excuser et expliquèrent maladroitement qu’ils n’avaient pas tant recouvré de leurs derniers combats. Ce faisant, l’aîné leur proposa de s’installer dans la demeure et de faire comme chez eux, tandis qu’il s’attèlerait au maintien du calme jusqu’à ce qu’ils sortent de leur retraite.
Source de Qi du domaine de Lan Caihe
Le Retour De la Princesse
Les saisons changèrent, des fleurs de cerisiers aux feuilles orangées, les arbres finirent par perdre leur couleur et le froid s’installa peu à peu dans les contrées du Nord, soufflant des brises glaciales aux portes du port jusqu’au sommet des monts. Les étangs se gelèrent, les lotus se fanèrent, les cultivateurs méditèrent auprès des braises de chaudron chaud, formant des pilules de bois secs et de végétations rares tandis que le quotidien de l’Académie semblait se figer dans le temps. Quand les premiers flocons touchèrent le sol et que le lac tout entier se mit à se solidifier, le port cessa son activité de pêche et les premières difficultés apparurent. Comme à chaque année, les convois de marchandises prospérèrent à cette période, et les bandits révélèrent leurs plus grands bénéfices.
À plusieurs Li du Clan Huang, un convoi de caravane, protégés par des gardes des contrées du Royaume de Plema, se manifestèrent aux portes de la cité, apportant pour la première fois les victuailles servant à anticiper les famines à venir. Depuis que le roi était tombé, le commerce était devenu excessivement cher et les denrées de ce royaume déchu s’étaient éparpillées entre tous les vautours qui en récupérèrent les miettes.
Ainsi, Yihuang et ses cadets se rassemblèrent pour faire le point sur cette situation et l’affaiblissement certain que subirait le Clan durant une période aussi stérile que celle-ci.
- L’état actuel de Plema nous condamne indirectement. Affirma Sanhuang, le 3ème.
- Comment pourrions-nous continuer à dépendre d’une telle nation à l’avenir. Les Clans du monde se déchirent cet héritage et le peuple n’a plus d’espoir. S’ils ne meurent pas de faim, ils se retrouvent esclave des plus offrants. Et c’est ce qui nous pend au nez si nous ne trouvons pas un moyen de nous en défaire. Remarque Erhuang, la seconde.
- Et que proposez-vous alors ? Interrogea compréhensif Yihuang.
- Bien que la localisation du Clan permette de se protéger des intérêts des autres royaumes, nous n’avons aucune terre agricole et vivons principalement de la pêche le reste de l’année. L’Est est bloqué par les marécages, le Nord se trouve au pied des montagnes des Géants, le Sud est une chaîne de montagne infranchissable. Il n’y a bien que l’Ouest qui permet encore aux approvisionnements d’arriver jusqu’ici, s’ils ne tombent pas sur des hordes de bandits ou des animaux sauvages encore plus affamés que nous. Depuis que le Royaume de Plema n’est plus qu’une contrée divisée, nul ne prend la responsabilité de protéger cette unique voie commerciale, nous condamnant irrémédiablement. Soupirait Sihuang.
- Et puis, il y a la question des ressouces médicinales… Marmona de plus bel Sanhuang.
- Tais-toi, petit-frère.
- De quoi s’agit-il ? Que me cachez-vous ? Parlez ! Ordonna le Chef Intendant à sa fratrie.
- Je vais le faire ! Se leva Sanhuang de plus bel. Depuis que tu as pris sous ton aile ces deux disciples, tu leur as offert parmi les herbes les plus rares de la chambre forte du Clan. Et nous n’en avons encore ni vu les résultats, ni comprit ta détermination. Si encore nous avions quelques herbes précieuses pour guérir les engelures de nos guerriers, ou des éléments de feu pour endiguer la glace et le gel sur lac, mais… Tu leur as tout donné, sans nous en faire part. Et où sont les résultats de tout cela ? Qu’ont-ils donc apporté au Clan ces derniers mois ?
Yihuang se rassit sur le trône qui lui avait été confié et réfléchit silencieusement aux remarques qui lui étaient faites. S’il est vrai qu’il n’avait plus rendu visite ses disciples depuis qu’ils avaient pris leur retraite dans le domaine de Lan Caihe, il n’avait cessé de leur envoyer des ressources précieuses. Se devant d’en prendre ses responsabilités, le Chef fit venir un garde et lui ordonna de ramener Anelle et Enelis devant la cour, immédiatement.
En contre-bas du palais, dans la Cour Intérieure, les deux jeunes étaient au fourneau, raffinant des pilules à l’abris des engelures et des chutes de stalactites, à l’intérieur de la demeure de leur aîné. Après 6 mois de repos et de cultivation, ils entendirent pour la première fois les cloches de la cité, annonçant un événement important. Dans les minutes qui suivirent, des gardes toquèrent à l’entrée de la demeure et sommèrent les disciples de se présenter immédiatement. Sur ordre du Grand Maître, ils étaient tous deux conviés à se présenter aussitôt à la cour, auprès de l’assemblée. Escortés sans autre détail, ils volèrent tous sur leur épée respective vers la palais suspendu.
- Disciple Anelle, disciple Enenlis, nous nous présentons. S’identifièrent-ils tour à tour en s’inclinant et s’approchant du Chef, observé à gauche comme à droite par les autres Maîtres.
- Savez-vous pourquoi je vous ai fait venir ici ? Demanda froidement Yihuang.
- Votre disciple Anelle suppose qu’il est question de la promesse faite ? Dit-elle avec le plus grand respect.
- De quelle promesse parle-t-elle Yi ? Demanda la petite-soeur.
Pris au dépourvu, face à des accusations sur sa gestion du Clan, Yihuang décida d’être transparent sur cette question :
- Qu’avez-vous à dire à ce sujet ? Voilà près de 6 mois que vous vous cultivez entre quatre murs sans que personne ne sache ce qu’il en est.
- Nous… hésita Anelle.
- Votre disciple Enelis vous répond. Nous avons pris du retard sur notre promesse. Ces 6 mois n’ont pas suffit à atteindre notre objectif. C’est pourquoi…
Mais coupé dans son élan, Enelis sentit la colère et la déception dans la voix de leur Maître, qui s’indigna de la situation dans laquelle les deux jeunes l’avait mise.
- C’est bien ce que je craignais, Yi. Répéta Sanhuang. Toutes ces ressources ont été gâché pour la cultivation d’élèves au stade de l’Âme Naissante. Même s’ils sont des génies pour être à ce stade à cet âge, ils ne méritaient pas tant d’investissement de la part des ressources du Clan tout entier.
- C’est assez. Il n’est plus temps de se cacher. Répondit-il en s’adressant aux élèves. Montrez leur votre véritable stade de cultivation, Enelis, Anelle.
- Nous obéissons au Maître. S’exécutèrent les jumeaux.
Maintenant une position de mantra, leurs mains désactivèrent la technique de Dissimulation qui les avait accompagné jusqu’alors. À tour de rôle, Sanhuang et Sihuang se levèrent de leur fauteuil en agitant leur main dans la direction des étudiants qui, sous le regard admiratif des deux autres, contemplèrent pour la première fois le véritable niveau de cultivation des deux plus jeunes.
- Depuis quand sont-ils des Roi Saint ! Quel âge avez-vous ! S’écriait Sanhuang qui avait du mal à se tenir debout à cette grande surprise.
- Nous avons tous deux 21 ans. Affirma Anelle qui s’était à nouveau inclinée.
- 21 ans… Des Roi Saint ? Comment est-ce seulement possible Yi ? Le savais-tu ? Et toi Er, tu ne dis rien ?
- Je l’ai su dès la compétition pour l’ascension vers la Cour Intérieure, répondit-elle.
- C’est moi qui ait demandé à Erhuang de garder le secret. Je ne souhaitais pas qu’ils soient privilégiés. C’était l’occasion pour eux, comme pour le Clan, de manifester leur combativité.
- C’est pour ça que tu leur as donné tant de ressources… Songea Sanhuang. Des enfants à peine adulte capable de rivaliser avec nos disciples de longues dates. Mais quelle était donc cette promesse que vous avez fait à votre Maître ? Questionna-t-il de plus bel.
Mais restant silencieux, le 3ème frère se tourna vers son aîné pour lui poser la même question.
- Vous admettrez qu’être au stade de cultivation du Roi Saint à cet âge dépasse l’entendement, n’est-ce pas ?
- En effet.
- Alors j’ai pris la décision, pour le bien du Clan, de passer un marcher avec mes disciples. En l’échange de ressources suffisantes, ils enseigneront leur propre voie de cultivation à nos élèves, afin que nous puissions devenir le Clan le plus puissant du continent.
- Ils ne semblent pourtant pas l’avoir tenue, leur promesse. Rétorqua Sihuang.
- Ils m’avaient dit qu’il ne leur faudrait que quelques mois pour atteindre le stade de cultivation de Sage…
- Quelques mois ! S’offusqua Erhuang. Et tu les as crus ? Depuis quand es-tu devenu si crédule mon frère !
- Au rapport ! S’annonça un garde qui s’inclina en apportant une nouvelle. Lan Caihe est arrivé.
- Lan Caihe ? Que faites-vous là ?
- C’est moi qui l’ait fait venir. Reprit Erhuang en lui faisant un geste de la main pour qu’il s’approcha. Dis leur ce que tu m’as dit.
- Salutations aux Grands Maîtres. Bien que je découvre aujourd’hui la véritable profondeur de cultivation de vos disciples, j’ai d’autres informations à apporter au Chef de Clan.
Étonnés, Anelle et Enelis s’inquiétèrent des révélations que ce dernier avait à faire. Considérant qu’il était un allié depuis le début, leur naïveté ne les avait pas poussé à s’inquiéter sur la manière dont les autres pouvaient entrevoir leur ascension fulgurante.
- Je vous écoute. Fit Yihuang les coudes sur les genoux et la tête penchée vers l’avant.
- Voici Enelis, Maître Forgeron de la cité d’Amalis et disciple de l’Académie Royale du Royaume de Plema. Dit-il en s’avançant à hauteur des cadets.
- Disciple du Royaume de Plema ? Continuez.
- Voici Anelle… Disciple de l’Académie Royale de Plema et disciple du Maître Aki. Tous deux sont activement recherchés par le Royaume d’Achi pour avoir assassiner Maître Yu, responsable de la Cité d’Alea.
- C’est faux ! Je n’ai pas assassiné Maître Yu… Se rebella Anelle qui perdit son sang froid.
- Est-ce cela que vous trouviez à ce point pertinent ma sœur ? Le Royaume d’Achi souhaite-t-il obtenir réparation ? Savent-ils que mes disciples séjournent au Clan ?
- Non, reprit Erhuang, cette information n’est qu’à sens unique. Nous ne mettrons pas en danger les nôtres, tu le sais bien Yi.
- Qu’ai-je donc à faire d’une telle information ? Je connaissais déjà ces détails quand je les ai pris pour disciples. Même si vous l’ignorez peut-être, j’ai personnellement connu Maître Aki quand elle parcourait le monde jadis. J’ai reconnu cette technique de Dissimulation d’entre toute. Même si ces cadets m’ont délibérément mentis, il était évident que leurs raisons étaient louables. De plus, je n’étais pas seul à ce moment là, et tout le monde sait comme Maître Wuang ne saurait tenir sa langue. Je n’ai pas cherché à les confronter à l’époque, mais leurs mensonges ne font pas d’eux des ennemis de notre Clan.
- Mais Yihuang, ne t’inquiètes-tu pas de ce qu’ils peuvent cacher davantage ? Ils sont responsables de la mort d’un haut dirigeant du Royaume d’Achi ! S’indigna Sanhuang.
- Devrais-je vous rappeler à tous vos fautes passées ? Lequel d’entre vous a mobilisé nos hommes, les amenant à leur propre mort en voulant triompher du Serpent d’Argent ? Laquelle d’entre vous s’est entichée pour un Tigre Démérité ? Lequel autre à détourner la fonction des gardes pour faire entrer sur notre territoire des marchandises d’au-delà des frontières ? Pensez-vous que père m’a mis à la tête de notre Clan sans savoir ce que vous avez tous manigancé dans votre coin et pour vos intérêts propres ? Vos méfaits valent-ils seulement les mensonges d’une vie passée ? Et vous-même, disciple Lan Caihe, rescapé d’un groupe d’esclave du Royaume Serpent, comment pouvez-vous juger l’origine de vos cadets !
- Mes excuses pour mon incompétence, Grand Maître. Se prosterna aussitôt le disciple d’Erhuang.
- Avez-vous oublié les valeurs de notre Clan ? Vous intéressez vous tant à ce que pensent les autres royaumes ? À leurs valeurs plus qu’aux nôtres ?
Tous se levèrent et s’inclinèrent face à Yihuang pour demander pardon pour leur comportement.
- Puisque nous admettons tous nos fautes, laissons les disciples prendre la parole. C’est aujourd’hui votre seule chance de rédemption. Soyez de fiers disciples du Clan Huang, et affrontons ensemble la vérité sur vos identités. Proposa Yihuang en se levant du trône et tendant sa main vers les invités.
Anelle et Enelis se redressèrent. Ils inspirèrent profondément l’un comme l’autre et tandis qu’Enelis admis que les faits à son encontre étaient avérés, Anelle souffla profondément.
- C’est le moment, Anelle. Murmura Enelis en lui posant une main sur l’épaule.
- Nous t’écoutons. Reprit Yihuang.
En sortant doucement le sceau et le jade de sa sacoche, la marque royale de Plema apparut devant l’assemblée et Anelle se présenta comme la princesse du royaume, fille du défunt roi. Quittant son royaume sur ordre de son Maître Aki, elle fut prise au piège par le peuple d’Achi qui tenta de le lui voler lors d’une opportunité à la Pagode des Esprits. Le Clan Li étant de concomitance avec le royaume d’Achi, ils avaient pour intention de les assassiner. Toutefois, Maître Liuzi, père de Huzi souhaitait obtenir d’eux des techniques de cultivations inédites, comme le souhaitait Maître Yihuang. Mais ayant été pris de court par l’attaque surprise de Maître Yu, ils durent changer leur plan. Maître Liuzi se sacrifia et terrassa Maître Yu afin de combattre Yan Qien de toutes ses forces pour leur laisser le temps de fuir vers l’Ouest. Il leur avait suggéré de trouver refuge dans le Clan Huang.
- Nous avons promis à son père que nous protègerions Huzi et j’ai promis à mon Maître que je reviendrai réclamer le trône de mon père quand je serai devenue assez forte.
- C’est ce qu’il s’est passé. Affirma Enelis.
La cour resta silencieuse, autant attristée que stupéfaite par la véracité des propos qui étaient soutenus par le objets royaux qui flottaient dans l’air devant eux.
- Je crois qu’il semble judicieux de traiter de cette affaire avec discrétion à présent. Hébergé la princesse du royaume de Plema mettrait assurément une cible sur nos têtes à tous, et ce n’est pas ce que nous voulons, n’est-ce pas ? Interrogea-t-il la fratrie du regard.
- Je propose que nous gardions cela secret et que Lan Caihe s’occupe de les chaperonner autant que de les protéger.
- À vos ordres, Maître ! Accepta-t-il aussitôt se relevant et s’inclinant devant son propre mentor, Erhuang.
- La question des ressources restent malgré tout en suspend. Observa Sanhuang.
- Si vous me le permettez, s’avança respectueusement Enelis, ne pouvant répondre actuellement à la promesse que nous avons faites à Maître Yihuang, nous avons commencé à raffiner des pilules d’alchimie avec les herbes et minéraux qui nous ont été fournies.
- Vous savez aussi raffiner ? S’étonna-t-il.
- J’ai appris à raffiner les pilules à l’Académie de Plema. Nous avons unis nos capacités afin de raffiner des pilules de niveau 4. Bien que ces pilules ne soient qu’une faible compensation, nous souhaitions en faire profiter les disciples du Clan.
- Combien en avez-vous raffiné ? Un tel niveau d’alchimie est déjà assez rare. Même avec une dizaine d’entre elles nous pourrions acheter suffisamment de victuailles pour les mois à venir. Il ne resterait plus qu’à sécuriser les voies d’accès. Dit Sihuang avec une lueur d’espoir dans sa voix.
- Nous avons raffiné 35 pilules communes de niveau 4, 20 pilules parfaites de niveau 4 et 2 pilules exaltées de niveau 4..
- Autant ! Comment avez-vous pu raffiner autant de composants en un temps si court ? Questionnait Sanhuang qui se leva de sa chaise et se précipita devant les disciples pour leur en demander des exemplaires.
Enelis en fit sortit toute une fiole de chaque catégorie. Il les disposa devant lui tandis que le Grand Maître en retira les bouchons. Le parfum de ces pilules étaient exquises et justifiaient qu’elles avaient été soigneusement raffinées. Même Lan Caihe qui était à côté s’enivra des fragrances. Et se tournant vers les cadets, il leur pria de bien vouloir lui montrer leur technique de raffinage afin qu’il puisse à son tour s’exercer à cette activité.
- Rares sont les Maîtres alchimiques de nos jours, et nous n’en possédons aucun qui soit réputé dans notre Clan. Nul n’accepterait nos faibles ressources comme compensations.
- Je retire ce que j’ai dit Yi, reprit Si, le 4ème frère qui s’émerveillait sur la finesse des pilules et la douceur de leur surface. C’était là un choix excellent de leur fournir nos ressources !
- Allons, allons. Comment palier aux attentes de ces disciples à présent ? S’inquiéta ouvertement Yihuang qui laissa son visage tombé dans ses mains.
- Votre hospitalité nous suffit, reprit Enelis humblement. Notre asile dans votre Clan saura être remerciés. Nous vous avons promis nos techniques de cultivation, mais nous devons encore nous entraîner. En attendant, nous vous fournirons en ressources alchimiques et tout autre service qui saurait satisfaire le Clan.
- Je crois que nous sommes dorénavant tous d’accord sur le fait que mes disciples sont les bienvenus entre nos murs ? Reprit Yi dont la joie regagnait peu à peu les traits de son visage.
- C’est en effet une opportunité qui ne se représentera pas pour l’émancipation du Clan. Toutefois, je me demande quels sont les Dons de ces jeunes gens. Remarqua Erhuang, la sœur.
- J’ai le Don de Perception. Présenta Anelle. Je suis capable d’identifier les Dons des autres cultivateurs ainsi que de leurs intentions à mon égard ou à l’égard d’autres personnes autour de moi.
- C’est un atout remarquable ! Avec un tel Don, il est impensable d’être trahit par des paroles ou des comportements. Serait-ce un Don Primordial ? S’enthousiasma Er qui se leva à son tour.
- En effet. La lueur de mon Don est dorée.
- C’est formidable ! Entends-tu ça Lan, enfin un disciple qui possède un Don Primordial.
Mais face aux airs dubitatifs des spectateurs, Erhuang expliqua que le Don de Lan Caihe était un Don à l’apparence inoffensif, seul, mais qui prenait un sens bien plus profond et intéressant en présence d’un autre individu. Sa capacité permet de démultiplier l’intensité de la cultivation. Notamment d’aider son propriétaire à s’émanciper tout en prodiguant des effets curatifs et intensifs à l’autre cultivateur. Cette capacité l’aura notamment permit de devenir le 2ème meilleur disciple du Clan en seulement 10 ans, alors qu’il n’était parti de rien. Le renforcement de son corps et de son esprit s’est vu s’améliorer nettement en très peu de temps, mais depuis qu’il a atteint le stade de cultivation de Sage, il semble que son Don n’ait plus d’effet sur ceux qui n’aient pas de force équivalente ou supérieure. Il pourrait être considéré entre autre chose de type Soutien.
- Et vous ? Reprit Erhuang en s’adressant au Maître Forgeron.
- Mon Don est celui de l’Enclume. Je suis capable de forger de nombreuses choses et de m’entraîner plus ardemment au renforcement musculaire que la plupart des humains de mon âge. J’ai notamment pu arrêté le marteau du 7ème fils Du Clan des Géants, Kuafu.
- Arrêté l’arme de prédilection des Géants ? C’est en effet une prouesse technique. Pourquoi ne pas avoir utilisé cette force lors de la compétition ? Se permit de demander Lan Caihe.
- Même si je peux développer ma force, j’évite le combat direct. Je préfère l’alchimie et les Formations. Anelle est plus téméraire que moi à ce sujet. Souriait-il bêtement.
Les Grands Maîtres se concertèrent après avoir fait sortir les trois prodiges à l’extérieure du palais. Il était évident que la présence de ces deux jeunes gens pouvaient changer la face du Clan Huang ces prochaines années, en y apportant ressources rares et techniques de cultivations inédites, mais c’était sans compter que la présence de la Princesse de Plema laissait planer une cible sur l’ensemble des disciples jusqu’à ce que la nouvelle finisse par se faire savoir. D’un commun accord, Yi, Er, San et Si acceptèrent de maintenir le statut quo et de protéger les identités des cadets. Pariant sur un avenir digne de l’émancipation du Patriarche jadis, la présence d’Anelle et d’Enelis pourrait bien élever le Clan à de nouveaux sommets.
La Promesse d’Anelle de reconquérir le Trône de Plema