Origine de la Souche : Le Commencement
Endiguer pour protéger à Alpha 12
Créé par synthèse d’ADN et de modifications génétiques en tout genre, le sujet N°0 était prometteur autant sur le plan médicale que biologique. La possibilité de donner la vie à une espèce conçue par les chercheurs ouvraient de nombreuses possibilités sur l’utilisation futures de telles ressources. Évidemment, face aux refus d’autorisations auprès d’États des 4 Planètes, et des autorités compétentes dans le domaine du respect de la vie sur Alpha10, Alpha11 et Alpha13, il était inconcevable de réaliser ces expériences publiquement. C’est ainsi qu’un groupe pharmaceutique possédant le monopole de fabrication d’instruments médicaux dans la coalition, dirigé par le plus grand conglomérat des 4 planètes du système, nommé XKERA, qu’ils ont décidé de faire construire une base profondément enfouis sous la surface d’Alpha12 afin de créer la vie telle qu’elle s’était engagée officiellement à le faire pour la science.
Après de nombreuses années de travaux biologiques et l’embauche des meilleurs chercheurs et scientifiques des 4 Planètes, le laboratoire mis enfin en place le sujet N°0, le tout premier être vivant soit-disant conçu par l’être humain, réfléchi et mobile.
Le sujet N°0 fut aussitôt confié à la chercheuse renommée Ema Mella, qui investit tout son être et son âme au fait d’élever ce sujet. L’expérience devait montrer qu’on pouvait créer la vie et la modeler de sorte qu’elle puisse cohabiter avec la population d’Alpha12.
Pendant près de 3 ans, le sujet N°0 grandit en partageant presque quotidiennement, le temps du D. Mella, que le sujet considérait comme sa plus proche parente. Bien que diamétralement opposé physiquement, l’attache affective retrouvée jadis chez les animaux semblaient vérifiée encore une fois dans ce cas précis.
Lors d’une journée comme bien d’autres, le Docteur Mella se rendit dans la salle d’observation où elle passait tout son temps avec le sujet, mais cette fois-ci sous la surveillance du comité en charge du bâtiment de recherches. Bien que la scientifique ne pouvait pas voir ni entendre quoique ce soit de la réunion au-dessus d’elle, la journée se passa paisiblement. Ce n’est qu’en sortant de la salle, qu’elle croisa le directeur du complexe qui lui partagea quelques mots :
– Docteur Mella, votre travail a été exemplaire.
– Merci, Directeur.
– Concernant votre visite habituelle du sujet N°0 de demain, je vous conseille de ne pas rester plus de la matinée en sa présence.
– De quoi parlez-vous ? Nous passons toujours 6 heures ensemble, dont 2 heures d’observation de compétences et 4 heures d’acquisitions de savoir.
– Je connais votre emploi du temps, je l’ai moi-même conçu. Tâchez simplement de vous en souvenir.
– Bien.
Le Directeur s’en allait alors sans plus d’explications. Il semblait agacé par quelque chose.
Le lendemain, tandis que le Docteur Mella se trouvait dans la salle du sujet N°0, elle remarqua que l’attitude de son protégé était différente de d’habitude. De la salive lui coulait le long de la gueule et d’anormales bosses avaient gonflé sur son échine. Des grognements refoulés s’échappaient du fond de ses entrailles et il évitait d’effectuer les tâches habituelles. Chacun des mots qu’elle prononçait à son égard semblait l’irrité ci-bien qu’il se jetait de lui-même sur les murs blindés au fond de la pièce. Tandis qu’elle s’apprêtait à prendre un anesthésiant, une alarme retentit.
« Alerte de niveau 1, Alerte de niveau 1. Le personnel est prié d’évacuer le bâtiment par l’aile Ouest.
Alerte de niveau 1. Le personnel est prié d’évacuer le bâtiment par l’aile Ouest. »
Le docteur s’étonna d’une telle alerte, mais le bruit fracassant de la voix robotiques sembla énerver le sujet N°0. Elle se précipita vers le sas de sécurité, spammant la touche de fermeture tandis que la bête s’élançait vers elle.
« Mais que se passe-t-il ? » se demandait-elle essoufflée.
C’est alors que le directeur passa à sa hauteur :
– Je vois que vous êtes sortie saine et sauve de la salle de test.
– Directeur ! Que se passe-t-il ?
– Docteur Mella, nous travaillons ensemble depuis le tout début. Vous êtes certainement la seule personne que j’apprécie ici bas. Alors laissez-moi vous donner un conseil. Évacuez.
– Je suis en droit de savoir ce qu’il se passe.
Le Directeur soupira et se mit face au sas blindé qui les séparaient du sujet N°0. « On ne vous a pas tout dit dès le début. Notre expérience est un échec. Nous devons éradiquer la menace et empêcher qui que ce soit de transmettre des données aux États planétaires voisins. Si vous arrivez à vous en sortir, je vous raconterai tout. Je vous dois bien ça. Alors écoutez-moi, n’empruntez pas l’aile Ouest. Allez directement à la navette de survie. Je vous expliquerai tout là-bas. Les sujets N°1 et N°2 sont en libertés et font certainement un massacre en ce moment même. Ce n’est qu’une question de temps avant que le N°0 ne sorte d’ici. »
Ema Mella n’en revenait pas de ce qu’elle entendait, mais prise de panique par les alarmes répétées, elle se décida à suivre les conseils du Directeur qui, au même moment, pris la direction opposée.
En chemin vers la navette, elle croisait tout le personnel qui courait dans le sens inverse, vers l’aile Ouest comme l’indiquait l’alarme. Elle ne pouvait se douter de ce qu’il se passait réellement, mais son seul échappatoire se trouvait dans cette capsule, là où le Directeur l’avait envoyé. Les premiers sas de protection étaient verrouillés par code d’accès qu’elle devait rentrer à la main. Mais soudainement, l’alarme s’arrêta et des cris stridents se firent entendre dans tout le complexe.
La scientifique reconnaissait la voix stridente du sujet N°0 et s’inquiéta d’être sa cible. Elle passa le premier puis le deuxième sas de l’aile Est, qui sous l’urgence, ne se refermait malheureusement pas. Elle courrut aussi vite qu’elle le put, se retournant pour distinguer ce qui pouvait la poursuivre. Quand elle arriva enfin face au dernier sas qui la séparait de l’entrée de la navette, elle entendit la respiration profonde ainsi que les pas lourds du sujet N°0 qui l’avait rattrapé et qui se tenait à quelques dizaines de mètres d’elle.
« Code d’accès erronné. Veuillez rééssayer. »
Elle tenta de nouveau, mais ses membres tremblaient, suant des mains de terreur, appuyant rapidement sur les touches 1.0.4.1.
« Code d’accès erronné. Veuillez rééssayer. »
Le monstre se rapprochait d’elle, comme face à l’ultime proie prise au piège. Et la femme n’arrivant plus à garder son calme, ratait à chaque essai à rentrer le bon code.
« Code d’accès erronné. Veuillez rééssayer. »
Il ne restait plus que quelques mètres alors au prédateur qu’était devenu le sujet N°0, quand le sas s’ouvrit de lui-même et se referma cette fois-ci derrière le Docteur.
« Mademoiselle Ema Mella. Ça a été un plaisir de travailler avec vous toutes ces années. » Dit le Directeur dans le haut-parleur de la Navette. « J’espère que vous pourrez vous en sortir. Vous méritez une explication avant que j’active le démarrage de votre navette. Évidemment, je ne peux vous accompagner. J’ai consacré ma vie entière à ce projet, et je dois désormais y mettre un terme. Je lancerai l’auto-destruction de la base manuellement, tentant d’enterrer nos ratés au plus profond d’Alpha12. Vous ne le savez sans doute pas, mais le sujet N°0 n’est pas une conception du laboratoire. Sa souche a été importée d’une météorite alien tombée sur la planète il y a de cela 20 ans. Les nations des 4 Planètes n’ont pas voulu mettre les fonds nécessaire pour l’étudier, ci-bien que le mal qui régnait au coeur de la roche s’en est échappé et à commencer à recouvrir notre monde. Loin des 3 autres Planètes de l’alliance, nous étions seuls. La société XKERA a investit tout ce qu’elle avait, avec l’aide de notre propre État pour construire ce complexe et trouver un moyen de se défendre de l’invasion extérieur. Quand vous sortirez d’ici, vous ne reconnaîtrez probablement pas votre propre planète.
Le sujet N°0 était notre test référent le plus prometteur. Grâce à votre investissement personnel unique, il nous a permis de mettre au point de nombreux médicaments et techniques régénératives, mais nous n’avons jamais cesser d’essayer de freiner l’évolution profonde de ce monstre. C’est hier, après la réunion des dirigeants, que nous avons admis notre défaite et pris la décision d’atomiser le complexe afin de raser près de 1200 km carré de territoire. Nous avons donc arrêté le traitement quotidien qui servait à ralentir l’évolution du sujet N°0. Les sujets N°1 et N°2 semblaient quant à eux liés par télépathie au cortex cérébral du N°0. Leur déchaînement de violence n’a aucune limite. Je n’ose imaginer ce que serait capable de faire le N°0 avec ce que vous lui avez enseigné ces dernières années.
Votre sauvetage n’était pas prévu, mais je n’ai plus rien à perdre aujourd’hui. Je vous ai déverrouillé le sas avant que vous ne soyez tuée par ce monstre, et vous seule serez témoin de la catastrophe de notre échec. J’ai configuré la destination de votre capsule en direction de la station orbitale de notre voisine Alpha10. Si vous êtes écoutée, tâchez de mettre en garde quiconque souhaiterait récupérer nos travaux. L’autre hémisphère de notre planète est pour le moment habitable, mais nous ignorons à quelle profondeur l’alien a pu s’immiscer. Il faut à tout prix éviter de rapatrier ne serait-ce qu’une souche de cette chose sur une autre planète. À présent, je vous dis adieu. »
La Source : Alpha 12
30 ans se sont écoulés depuis le dernier signal de détresse de la surface de la Planète Alpha12. Les rapports relatifs à l’évolution de la Souche à la surface remontent au tout premier signal de détresse émis par une navette de survie en orbite de la planète. Cette dernière n’ayant malheureusement pas réussi à s’extirper du ver géant qui l’attrapa en vol.
La base XKERA du groupe du même nom a également tenté d’envoyer un signal jadis, lorsque leur tentative de destruction de la menace a échoué. L’infrastructure a été submergée par une force biologique inconnue et rapidement, la surface d’Alpha12 a été en proie à une expension violente d’une substance étrangère appelée la Souche.
L’atmosphère a quant à elle été tellement affectée par la métamorphose de la flore et la faune ambiante, qu’il n’est désormais plus possible de respirer ou de vivre sur place sans un équipement de survie spécifique adapté. Les dernières expéditions envoyées sur Alpha12 se sont solvées par des échecs consécutifs, mettant ainsi en péril la vie de tous les explorateurs y ayant participés.
Une nouvelle expédition est en préparation depuis que la localisation précise des ruines de la base XKERA a été repérée.
À la différence de toutes les expéditions précédentes, le transport blindé A1-7 a été spécialement conçu pour résister à des pressions extrêmes ainsi qu’à un crash prématuré. Son noyau surpuissant permet d’alimenter les toutes nouvelles combinaisons de survie et de combats embarquées afin de protéger l’équipage. À son bord, le capitaine Derrer Noman, ancien pilote de flotte spatiale d’Alpha11 et le lieutenant Ao Xi ayant servis de nombreuses années dans la force terrestre, seront présents pour assurer une protection armée aux chercheurs.
Ces derniers, Eléa Oxe, Bill Daxos et Narati Diviti, reconnus tous les trois pour leurs recherches sur l’évolution biologiques en environnement hostile, sont également des explorateurs spatiaux ayant plusieurs dizaines de missions d’observations et de recherches en zone inconnue aux limites du système planétaire.
Arrivée prévue dans H-4.
Le transporteur se rapproche de l’atmosphère de la planète et entame ses procédures d’atterrisage :
« Accrochez-vous, on entre dans l’atmosphère ! La résistance atmosphérique est plus dense que prévue, ça va secouer ! » S’exclama le capitaine.
Les cinq passagers, déjà protégés par leur combinaisons, serraient fermement leurs points sur les rampes de maintien.
– Le pilote automatique nous conduit tout droit à la base XKERA ! On devrait atteindre la zone d’atterissage dans quelques minutes ! Expliqua Noman à son équipage, malgré les tremblements de l’appareil et les tensions sur le métal.
– C’est votre première mission en territoire inconnu terrestre ? Questionna le Lieutenant Xi qui avait gardé son calme pendant tout le voyage.
– Oui ! J’ai le mal des transports terrestres. Admit le chercheur Diviti.
– Non, j’ai déjà traversé des territoires occupés par une faune agressive sur les satellites de Scorpion7. La planète porte d’ailleurs très bien son nom. Ces secousses ne me font pas peur. Rétorqua la chercheuse Oxe.
– Même si c’est une première au niveau mission terrestre, la technologie dans laquelle on a embarqué nous protège à 200%. Je ne crains même pas qu’on ait à se crasher en catastrophe ! Affirma en plaisantant le chercheur Daxos.
Après quelques minutes de vol, l’appareil A1-7 se posa aux abords de l’ancienne structure XKERA, encore visible de l’extérieur malgré l’importante végétation qui gagna ces terres pendant près d’un demi-siècle.
« Restez sur vos gardes, et garder un oeil à vos détecteurs de signes vitaux. » Ordonna Noman.
Les cinq explorateurs entrèrent dans l’enceinte XKERA, avançant prudemment malgré que des débris jonchaient le sol. Sur les murs de l’entrée, on pouvait lire « Aile Ouest », comme une indication de la position où ils se trouvaient. L’équipe recherchait activement tout ce qui pouvait ressembler à des données, tel qu’un serveur, un ordinateur, des dossiers papiers s’ils étaient encore en état.
– Mais que faisaient-ils comme recherche dans ce centre ? Toutes ces salles de tests semblent loin d’une simple expérimentation sur la Souche. Et la quantité de cadavre à l’entrée du complexe suggère que quelque chose d’atroce est arrivée ici. Fit remarqué Diviti.
– Ce qui est étonnant c’est que le sang ne semble pas sécher. Il est encore d’un rouge très vif. C’est comme si quelque chose le maintenait actif. Observa Daxos.
– Ne le touchez pas ! Ordonna Xi qui aperçu le chercheur s’accroupir à côté d’une flaque. On ne sait pas ce qu’il y a ici, ni sous quelle forme la Souche a pu prospérer. Il est hors de question que nous risquions de ramener ne serait-ce qu’une goutte de sang infectée à bord du vaisseau.
– Xi a raison, renchérit le capitaine, restez à l’écart de tout ce qui semble organique.
– Si je peux me permettre, je suis inquiète quant à la disposition des cadavres. Une boucherie animale aurait dû laisser des corps ça et là. Or ils semblent tous avoir été déplacés sur cette aile du bâtiment.
– Qu’est-ce que vous sous-entendez, professeure Oxe ? Questionna de plus bel le capitaine.
– Seul un être doté d’une forme d’intelligence complexe, comme la nôtre, a pu faire cela.
– La Souche ne serait donc pas seulement une espèce du type des eumycètes. Réfléchit Daxos à voix haute.
– Comme je l’ai dit, quoiqu’il s’agisse, champignon, arbre ou animal, ne touchez à rien. Nous sommes venus chercher des réponses purement logiciel ou documents. Aucun échantillon de quelle que sorte que ce soit ne devra monter à bord du A1-7. Rappela le capitaine.
Tandis qu’ils avançaient tous en groupe, les profondeurs du complexe semblaient être plongées dans l’obscurité la plus totale. Les capteurs des combinaisons ne détectant aucun cortex cérébral complémentaire à ceux des membres de l’équipe, ils décidèrent de descendre dans les niveaux inférieurs grâce aux leds embarquées des combinaisons. L’idée de rentrer de cette expédition sans l’once d’une explication n’était pas admissible. Les indications murales suggéraient que les bureaux de la Direction se trouvaient au niveau -4.
Quand ils y arrivèrent, une anotation écrite avec du sang les mis en garde d’avancer : « Sujet N°0 évadé. N’ouvrez pas les sas de sécurité ».
– Je suggère de suivre cette indication à la lettre. Je ne sais pas ce qu’est le sujet N°0, mais pour qu’on ait pris le temps d’écrire cela plutôt que de fuir, c’est que ça devait en valoir la peine. Remarqua le capitaine Noman qui dégaina son arme.
– Tentons de contourner les sas de sécurité. Si nous ne pouvons pas atteindre les bureaux de la Direction, alors je suggère que nous entrions de force. Ajouta le lieutenant Xi qui détacha du dos de sa combinaison, l’arme automatique.
– Vous avez entendu ? On passe devant et on ouvre la voie. Restez derrière nous et activez le mode combat sur vos combinaisons. Ordonna Noman en s’adressant aux chercheurs.
Le mode combat leur permettait de faire transiter des nano-robots sur toute la surface de leur combinaison. Ces derniers intéragissaient avec l’environnement extérieur, et se mettaient en travers de toute substance extérieure qui viendrait entrer en contact avec l’intégrité de l’armure, à l’exception de la surface plane des bottes.
Les armures des deux militaires étaient quant à elles équipées d’armes à feu de pointes, chargées à l’énergie plasma qui était stockée dans des capsules à l’arrière. L’utilisation de telle munition pouvait percer des blindages d’un mètre d’acier d’épaisseur.
Après avoir emprunté des escaliers et accédé aux principales allées du complexe de ce niveau, un sas de haute sécurité leur barrait désormais la route.
– Il semblerait que les bureaux de la Direction se trouvent de l’autre côté. Fit remarquer Eléa Oxe qui montrait du doigt l’intitulé sur le mur voisin.
– C’est donc notre ultime destination. Puisque le complexe n’a pas été atomisé, c’est le seul endroit où nous serons certain de trouver des informations. Confesse Diviti.
– Vous n’avez quand même pas oublié la mise en garde à l’entrée ? Aucun sas ne doit être ouvert. Reprit Daxos qui se tenait à l’arrière du groupe.
– Capitaine, c’est à vous de décider. Nous sommes entraînés et armés. Si vous décidez d’entrer, nous aurons de quoi nous défendre. Expliqua Ao Xi l’arme en main.
Ils décidèrent d’entrer, faisant fondre les joints du sas blindé avec leurs armes. Il ne fallut que quelques secondes pour que le blindage céda et que la voie soit dégagée. De l’autre côté, un environnement sain. Pas de sang, pas de corps à l’exception d’un squelette homme, certainement le directeur, et une interface bureautique.
Les chercheurs apprécièrent avoir trouvé la boîte de pandore; c’était là tout ce dont ils rêvaient. Une interface connectée à l’intégralité des systèmes du complexe, à l’abris des dangers extérieurs. Les deux soldats guettaient l’entrée pour ne pas risquer d’être pris à revers, tandis que les combinaisons des trois autres se connectèrent aux serveurs. L’énergie à disposition dans chacune des armures permit de relancer toute la structure de XKERA pendant le temps d’acquisition. Les lumières se rallumèrent et l’ordinateur central, une I.A., démarra à son tour. Un instant plus tard, les données furent transférées en 5 copies, au sein de chacune des armures à proximité.
« Démarrage… Bienvenue au complexe XKERA pour l’avenir de la planète Alpha12. »
– Nous avons fini ici. Nous pouvons y aller. Affirma la chercheuse.
– Attendez, capitaine. Si nous pouvions utiliser l’ordinateur principal, il serait possible d’obtenir des informations de registre. Remarqua Daxos.
– Combien de temps cela va-t-il prendre ? Quel est le niveau d’énergie de vos combinaisons ? S’inquiéta Noman.
– Plus de 70% d’énergie en stock. La maintenance du système devrait prendre 10%, peut-être moins. Expliqua Daxos.
– C’est acceptable, faites ce que vous pouvez. Ordonna le capitaine.
« Acquisition des données du registre… Journal de bord du Directeur… Corrompu. Demande de puissance annexe en attente. »
– Que se passe-t-il Daxos ? Questionna le capitaine.
– Il semblerait que j’ai à activer les générateurs annexes pour redémarrer le complexe et accéder au registre.
– C’est votre dernière chance, après, on y va.
– À vos ordres capitaine !
« Redémarrage en cours… Générateur 1, 3, 5 et 7 activés. Accès au registre… Enregistrement du signal par le Directeur Aamon :
Ceci est un signal de détresse. Ceci est un signal de détresse de la base XKERA sur la planète Alpha12. Échec de la mission. L’auto-destruction a été annulée par le sujet N°0. Détruisez la base depuis l’orbite. La Souche est libre. Je répète, la Souche est libre. Sujet N°0 est libre et intelligent. Je répète, détruisez la base depuis l’orbite. La Souche est libre. Sujet N°0 est libre et intelligent. Ne posez pas un pied au sol. La Souche se propage. La Souche est incontrôlable.
Fin du signal.
Alerte, brèche de sécurité dans le périmètre du niveau -4. Sujet N°0 détecté. »
Ne sachant pas à quel danger faisait référence ce sujet N°0, le capitaine demanda aux autres s’ils étaient capable d’accéder à l’auto-destruction de la base de sorte d’achever ce qui n’avait pas été fait par le directeur jadis. L’un deux, Diviti, suggéra d’accéder à la console numérique et de lancer un compte un rebours suffisamment important pour leur permettre de sortir de là et d’atteindre l’orbite avant l’explosion. Mais quelques instants après, la cheurcheuse Oxe analysa les systèmes et affirma que l’engin nucléaire n’était plus connecté au réseau. En cherchant dans la base de données de l’ordinateur du complexe, ils trouvèrent la localisation de la bombe. L’engin se trouvait au dernier niveau inférieur, là-bas même où les serveurs et générateurs se trouvaient.
Si le sujet N°0 était capable de comprendre l’importance de débrancher la bombe du réseau pour sa survie, alors l’équipe supposa qu’il avait volontairement laisser le reste des machines intactes afin de tendre un piège à quiconque souhaiterait parvenir à ces données. Données qu’il pouvait d’ailleurs avoir analysé lui-même.
– Écoutez, la mission est un succès. Nous avons les données que nous venions chercher. Se rendre dans un étage inférieur pour activer la bombe est trop risqué. Rejoignons la surface et demandons une frappe de destruction massive une fois en orbite.
– Que faisons-nous pour le sujet N°0, capitaine ? Questionna le lieutenant.
– Les chercheurs, vous restez derrière, un oeil sur votre détecteur. Si quoique ce soit d’anormal apparaît à l’écran, prévenez-nous. Quant à Xi et moi, nous ouvrirons la marche.
L’équipe se remit en route afin d’atteindre la surface. Ils ne croisèrent personne jusqu’à l’entrée de la ruine. Daxos se félicita même que la mission soit une telle réussite sans embuche, et supposa que le sujet N°0 était peut-être tout simplement coincé dans l’un des niveaux inférieurs, proche de l’engin nucléaire.
Arrivés à la navette, le capitaine ouvrit le sas de l’A1-7 afin que l’équipe entra à l’intérieur et s’apprêta à faire de même quand quelque chose l’attrapa au sol. En regardant vers le bas, il observa comme une épaisse liane s’être aggripée à sa jambe droite et que toute la zone se fissurait. Le lieutenant qui était à ses côtés se retourna et compris que la Souche était en toute chose visible et qu’elle ne comptait pas les laisser s’en sortir, ou du moins, pas sans elle.
– Lieutenant ! Montez à bord et décoller ! Ordonna son supérieur.
– Pas sans vous, capitaine ! Lui répondit-il en détruisant la liane d’un coup de fusil.
L’armure de l’officier s’ouvrit intégralement, laissant s’échapper le chef d’équipe qui se précipita à l’intérieur de l’habitacle, protéger par Xi.
« Capitaine, reprit Daxos, une nouvelle entité est apparue sur le radar et s’approche à toute vitesse de l’engin ! »
Un bruit sourd fit déplacer l’A1-7 de quelques centimètres. C’était le sujet N°0 qui s’était élancé sur la carlingue du vaisseau et tentait par tous les moyens de pénétrer l’engin. Le lieutenant, qui voyait son supérieur reprendre son souffle sans l’armure de protection, se mit aux commandes de l’appareil et activa le retour à la base. Il se rapprocha ensuite du capitaine pour lui laisser sa propre combinaison.
– Que le choses soient claires, fit le capitaine d’un ton grave, si jamais quoique ce soit de là-dehors arrive à entrer à l’intérieur de l’engin, je ferais sauter l’appareil. Si la Souche est encore à ce jour prise au piège de cette seule planète, c’est qu’elle est incapable de voyager d’elle-même au travers du vide sidéral. Notre vaisseau est son seul moyen de sortie. Nous devons atteindre au moins 10 000 pieds d’altitude pour envoyer la sonde qui contient l’ensemble des données. Si notre intégrité à ce moment là n’est pas sûre à 100%, alors faites vos prières ! Ai-je été clair ?
– Nous ne risquerons pas de mettre en danger nos familles et nos citoyens. Nous avons tous prêté serment avant d’embarquer. Nous n’en sortirons pas vivant si cela devait impliquer un risque de rapporter la Souche. Confirmèrent les chercheurs.
Tandis que l’A1-7 se mettait à décoller, les secousses se faisaient de plus en plus violentes mais le blindage de l’engin résista à toutes les tentatives de l’ennemi. L’équipe pouvait même entendre les cris féroces de la bête à l’extérieur. Au-delà d’une certaine hauteur, le capitaine ne tarda pas à envoyer la sonde orbitale dans laquelle avait été stockée toutes les données recueillies, puis il fit le point sur l’intégrité du vaisseau. Les scanners ne suggéraient que de très légères déformations de la coque, mais aucune brèche n’était détectée.
C’est alors que le capitaine tomba sur sa jambe droite, celle-là même qui avait été agrippée plus tôt et qui l’avait poussé à sortir de l’armure l’espace d’un instant. Il respira profondément et fit rapidement une analyse interne de sa nouvelle combinaison, diagnosticant qu’un corps étranger siégeait désormais en lui. En un instant, il accéda à la configuration de sa protection, entrit le code d’activation de l’auto-destruction du transport A1-7 et mit ses dernières forces à appuyer sur la confirmation d’explosion sans qu’aucun membre de l’équipage ne comprenne ce qu’il se passait.
– Vous allez bien capitaine ? Questionna Ao Xi devant son ancienne armure immobile.
– Désolé, je crois que j’ai trop donné. J’ai besoin de repos. Répondit le capitaine d’une voix légère.
Ce dernier se dirigea alors vers l’arrière du transport, dégaina la mitrailleuse de son armure, et anihila le reste de l’équipage qui n’eut guère le temps de réagir à la décharge massive de munitions, à l’exception du chercheur Daxos. Lorsqu’il ne resta plus que des membres indéfinissables à l’intérieur de l’engin et que la terreur se lisait sur les tremblements répétés de la combinaison du chercheur épargné, le casque du capitaine s’ouvrit en laissant s’échapper une quantité importante de spores, par tous les orifices que la Souche avait pu trouver. L’instant d’après, le corps du capitaine, à l’intérieur d’une armure militaire renforcée, retira le casque de son ancien coéquipier et lui arracha la tête avant qu’il n’ait pu le supplier d’arrêter.
La navette, sous la direction du cortex cérébral du capitaine contrôlé par la Source, revint à la surface de la planète où le sujet N°0 attendait. Ce dernier engloutit le reste encore chaud du chercheur Daxos et se fondit à l’intérieur de l’armure encore en état de marche, abandonnant sa forme humanoïde pour n’être plus qu’une masse informe remplissant chaque interstice de la combinaison.
La Souche était désormais au commande d’un transport blindé de l’Alliance et libre de se déplacer vers les planètes voisines. Au moment de quitter Alpha12, le sujet N°0 avait mis en oeuvre son évasion en activant de lui-même l’engin nucléaire de la base afin que l’explosion justifia son éradication comme preuve d’une mission réussie.
La Source : Station Spatiale
« A1-7, vous êtes en approche rapide de la Station Orbitale d’Alpha11. Veuillez ralentir et déclinez votre état. »
Le personnel de bord en charge des amarrages à la station réitérèrent leur demande de confirmation plusieurs fois avant de signaler l’approche du vaisseau aux supérieurs. Eux connaissaient l’importance du transporteur ainsi que l’équipage qui avait embarqué à bord. Bien que les données archivées de la base XKERA avaient été reçus lors de la prise d’altitude du vaisseau au-dessus d’Alpha12, le suivis du pilotage du transporteur avait révélé une anomalie dans son circuit d’envol, le faisant atterir de nouveau à la surface de la planète condamnée.
Après une énième tentative de contact, les forces protectrices de la station se mirent en joug sur le transporteur qui, dans le doute d’un potentiel danger ou manquement de réponse, se verrait dans l’obligation de tirer. Les minutes qui suivèrent semblèrent une éternité, ci-bien qu’après des dizaines de relances de la Station Orbitale, le commandement confirma l’utilisation des canons afin de détruire l’appareil en approche.
Un bombardement soutenu frappa l’A1-7. Mais les défenses actuelles de la station n’avait pas évolué en même temps que le blindage très particulier du transporteur, conçu quant à lui pour une expédition en zone extrême et qui, à l’inverse des appareils précédents, était capable de résister à des pressions et des chocs extrêmes. Tandis que les canons tiraient à feu nourris, l’urgence fut alors engagée dans toute la station, verrouillant tous les accès des ponts d’amarrages et fermant tous les sas de pressurisation à tous les niveaux. Il était évident que l’ennemi se trouvait à bord du A1-7, et que son impact avec l’intégrité de la structure orbitale était inévitable.
Des secousses importantes créèrent la panique au sein de l’infrastructure spatiale qui avait déjà été entièrement verrouillée. La pénétration de la coque du transporteur créa pendant quelques secondes une dépréssurisation qui aspira tout l’air ambiant ainsi que les résisdents à l’extérieur, tuant ainsi plus d’une centaine de citoyens. Les systèmes de sécurité et d’intégrité du bâtiment relancèrent automatiquement un bouclier magnétique à l’emplacement de la fissure, recréant artificiellement une atmosphère viable. C’est alors que l’A1-7 s’ouvrit et que les 2 combinaisons possédées sortèrent de l’appareil. La Souche était alors face à la première infrastructure d’hôtes depuis de nombreuses années.
La Source : Surface Alpha 11
En atteignant les premiers sas de sécurité, les combinaisons renforcées du lieutenant Ao Xi et du chercheur Daxos furent utilisées pour défoncer les sas de sécurité qui cédèrent rapidement sous les tirs de l’arme à plasma. L’ennemi de la coalition était alors en possession d’une enveloppe robotisée, capable de se protéger du vide sidéral et de détruire la prison d’acier que le commandement pensait lui avoir préparée.
Tandis que les forces militaires se concentrèrent rapidement sur la zone d’embarquement la plus proche, nul citoyen n’avait jamais fait face à la Souche à l’exception de la population d’Alpha12.
Lorsque le contact fut inévitable, à nouveau, la milice d’Alpha11 déchargea toutes leurs munitions sur les 2 combinaisons qui leur faisaient face, jusqu’à ce l’intégrité de ces dernières se soient vues criblées de trous et inutilisable. De l’armure du capitaine coulait une substance verdâtre visqueuse comme s’il s’agissait de sang, tandis que de l’autre, une fumée imprégnée de spores verdoyants flottaient et se propageaient alors dans toute la salle d’embarquement.
La Souche venait de prendre possession des lieux, et rien ne semblait désormais pouvoir l’arrêter.
Au centre de la Station Orbitale, l’Ascenceur Orbital allait pouvoir lui permettre d’accéder à une source immense de biomasse, la population planétaire d’Alpha11. Tandis que toute la milice mourrue au contact de la Souche, la viscosité du sujet N°0 reprit sa forme d’origine en absorbant la structure organique de quelques militaires immobilisés. Le monstre et son arme chimique s’apprêtaient à ravager cette fois-ci bien plus qu’une surface planétaire, mais à en prendre le contrôle et à l’utiliser comme vaisseau pour de futures conquêtes spatiales.
Bien que le commandement aurait souhaité faire sauter l’ascenceur orbital afin de freiner le danger de la Souche, la Station Orbitale d’Alpha11 ne possédait pas d’arme d’auto-destruction. Et pire encore, personne ne pouvait s’assurer que les spores qui avaient été libérés plus tôt n’accèderaient pas d’une manière ou d’une autre à des transporteurs tiers, diffusant le mal à toutes les planètes voisines. Nul ne semblait pouvoir s’opposer à l’expansion de la Souche, à l’exception du temps. Le temps nécessaire à l’étude des données reçues et à la fabrication d’un remède.